mardi 9 janvier 2018

Pas bon sans Dieu
Une réflexion de l'équipe éditoriale du Centre de Fatima



par L'Équipe Éditoriale du Centre de Fatima
SOURCE : Centre de Fatima
Le 9 janvier 2018


L'hypothèse que la Vérité existe et est connaissable est le fondement de toute pensée et de toute communication. Et il y a un corollaire à cette supposition : la Bonté est basée sur la Vérité, de même que le mal est basé sur le mensonge. De quoi les médias jacassent incessamment si ce n’est pas de ce qui est vrai et bon ?

Toute tentative de réparer une faute se réfère, souvent inconsciemment, à un principe moral absolu, comme le fait chaque endossement à une politique. La politique et la théologie morale ne sont pas séparées, mais la dépendance de la politique à l'égard de la théologie morale n'est généralement pas reconnue par les commentateurs qui brandissent leur bannière de justice, arborant les marques de telle ou telle idéologie. Mais toute idéologie ne peut être qu'une extrapolation de ce qui est considérée comme la vérité axiomatique, c'est-à-dire le bien absolu.

Il existe actuellement une obsession des médias pour les révélations d'inconduites sexuelles par des hommes puissants dans le show business, les médias et la politique. Des accusations sont portées quotidiennement, généralement portées par des actrices, des journalistes et par le personnel féminin qui s'occupent des besoins des puissants. Ces allégations d'avoir été victimes d'abus, dans la plupart des cas, concernent des incidents qui se seraient produits il y a des années, voire des décennies. Pourquoi ce laps de temps entre l'acte et l'accusation ?

Il est clair que tous ces récits reposent sur la présupposition que les êtres humains doivent être respectés et non utilisés comme des objets de la satisfaction d'autrui. Pour mettre la question dans un langage plus concret : c’est mal d'utiliser les gens. Les femmes lésées disent qu'elles ont été utilisées comme des objets sexuels par des hommes qui contrôlaient leur carrière. Ceci est souvent présenté comme l'apologie de la raison pour laquelle elles ont permis un (des) abus et ne l'ont pas signalé à la police. Le fait de résister, de porter plainte, devait être payé par la perte d'un film ou d'un rôle à la télévision, d’une position convoitée, de l'avancement dans la salle de rédaction, etc. L’ambition requérait qu'elles se soumettent à être utilisées et à garder le silence à ce sujet — jusqu'à présent. Mais pourquoi parler maintenant ? Parce que c'est sécuritaire de le faire. L'ambition a été satisfaite.

Une fois que vous avez obtenu ce que vous vouliez, vous êtes libres de vous plaindre de ce que vous avez dû faire pour que votre désir soit satisfait, mais vous n'avez pas nécessairement droit à une juste indignation et à la sympathie des autres. Si vous avouez avoir volé, vous ne pouvez être absous que si vous faites une restitution. Si vous avez l'intention de conserver le produit du vol, vous ne pouvez pas vous attendre à recevoir le pardon. L'analogie est imparfaite, comme le sont toutes les analogies, mais vous pouvez difficilement donner des leçons de moralité sur le fait d'avoir été abusé sexuellement dans le passé alors que vous avez conservé les avantages d'avoir gardé le silence pendant de nombreuses années. « Oui, je suis devenue une actrice riche et célèbre, mais, oh, les choses que j’ai dû faire pour tout cela étaient avilissantes ».

Le silence implique le consentement, comme l’affirme la maxime de la loi. En se taisant, ces femmes ont consenti à être traitées de la sorte pour les avantages qui leur revenaient. Elles ont également permis à leurs agresseurs de continuer à fonctionner de la manière qu'ils trouvent maintenant si terrible et destructrice pour l’âme.

Si nous voulons tellement quelque chose que nous sommes prêts à être abusés pour l'obtenir, nous nous sommes victimisés. Nous avons invité ceux qui sont prêts à exploiter notre ambition à nous utiliser comme ils le veulent. Et, en vérité, nous avons également utilisé nos abuseurs. Les belles femmes sont bien conscientes de leur pouvoir d'attirer les hommes. Elles peuvent, si elles le veulent, exploiter la convoitise des hommes puissants à leur propre avantage. Si cette exploitation devient laide, voire violente, elles peuvent l'arrêter sur-le-champ ou la signaler à la police dès qu'elles sont libres de le faire. Mais attendre des années pour enregistrer votre plainte sous les projecteurs des médias donne lieu à douter de la profondeur de votre indignation morale.

Cela ne veut pas dire que des choses terribles n'arrivent pas aux jeunes femmes à Hollywood, dans les médias et dans le monde des affaires. Les gens utilisent le pouvoir pour obtenir ce qu'ils veulent. Les hommes utilisent le pouvoir pour obtenir, même forcer, des faveurs sexuelles de leurs subordonnés féminins. Si une femme refuse, elle peut être renvoyée ou sa carrière peut même être terminée. Mais elle aura dit « non » au mal — comme elle l'affronte à ce moment-là, pas dix ou quinze ans plus tard.

Pour être bon, il faut être prêt à abandonner les avantages de commettre ou de coopérer avec le mal. Pour être une femme vertueuse, il faut être prête à résister aux avantages de se soumettre à des abus sexuels. Beaucoup de ces « victimes » qui pleurent devant les caméras insinuent qu'elles n'ont pas eu le choix : soit permettre l'indécence, soit sacrifier leur ambition. L'ambition est l'apologie pour permettre l'abus. Pour obtenir le bien désiré, elles ont été forcées de coopérer avec le mal.

Saint Augustin a entériné les philosophes Grecs en distinguant deux types de bien : l'instrumental et l'absolu. Un bien instrumental n'a de valeur que dans la mesure où il nous fait progresser vers le bien absolu. Tout ce que nous faisons devrait nous rapprocher de Dieu. Ainsi, les actions, en elles-mêmes, sont des biens instrumentaux, pas des biens absolus. Dieu est le seul bien absolu.

Si nous mettons un autre bien à la place de Dieu, cela ne peut être qu'un bien relatif. Dans la mesure où cela nous éloigne de Dieu, ce n'est pas un bien du tout bien qu'il puisse sembler l'être à un intellect assombri par l'ambition mondaine. Mais nous ne pouvons jamais échapper à la Vérité. Nous ne pouvons jamais échapper à Dieu. Il est notre point de référence, peu importe où nous nous trouvons.

Il ne fait aucun doute concernant certaines de ces femmes qui ont raconté les souffrances qu'elles ont subies à cause des magnats du cinéma et des présentateurs de nouvelles. Elles font maintenant appel à notre sens du bien absolu : à la réalisation que nous sommes faits à l'image de Dieu, à l'image du bien absolu, et que nous ne devons pas être utilisés ou abusés. Il serait utile, de fait merveilleusement éclairant, que quelqu'un dans une position d'autorité morale fasse remarquer que l'on ne peut pas utiliser Dieu quand cela est commode et ignorer Ses Commandements quand il est avantageux de le faire.

La clarté morale a été perdue, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église. Jusqu'à ce qu'elle soit regagnée, nous sommes certains d'assister à une confusion morale telle que nous assistons maintenant avec cette cascade d'accusations dans laquelle ceux qui ont abandonné la vertu veulent maintenant en faire appel. Ce marasme d'hypocrisie et d'exploitation mutuelle n'est qu'une manifestation de plus de la désorientation diabolique qui a envahi notre société. Et il n'y a qu'un seul moyen de nous tourner dans la bonne direction : l'obéissance à Notre-Dame de Fatima.