lundi 29 janvier 2018

Les Franciscains de l'Immaculée
Une voix courageuse s'exprime




Rédigé par : Père Paolo M. Siano

SOURCE : One Peter Five
Le 24 janvier 2018




Il y a quelques jours, le 20 janvier a eu lieu un important anniversaire dans l'histoire des Franciscains de l'Immaculée (FFI). À cette date, il y a six ans (2012), dans notre couvent Romain de Via Boccea, une rencontre a lieu entre le Conseil Général des FFI et cinq Frères ( deux Américains et trois Italiens ) opposants au Père Stefano Manelli, Fondateur et Ministre Général [de l'Ordre].

Moi-même, avec d'autres professeurs du Séminaire des FFI d'alors et ceux responsables de la formation, avons été invités par le Père Manelli à prendre part à l'événement. La réunion, qui a duré toute la journée en deux sessions, a été choquante pour la quantité de véhémence et d'attaques malveillantes commises contre le Père Manelli.

Avec le recul, nous voyons maintenant que ces accusations ont été progressivement déployées et développées dans le cadre des calomnies et de la guerre ecclésiastique, médiatique et judiciaire menée contre le Père Manelli, une guerre encouragée et/ou soutenue par certains Frères d'Église ( même au Vatican ), des laïcs et un prêtre diocésain un peu « Tridentin ». Au cours de ces six dernières années, j'ai été témoin de la dévastation objective de ma Famille Religieuse ( Frères, Sœurs, Laïcs ), la persécution ( toujours en cours ) de notre Père Fondateur et la persécution de notre authentique charisme des FFI approuvé par le Pape Jean-Paul II.

Mon avenir vocationnel et celui d'autres confrères qui, comme moi, défendent la personne et l’orientation de nos Fondateurs, sont incertains. À la lumière de divers faits, je suis convaincu qu'au moins jusqu'à la fin de ce pontificat, nous sommes susceptibles d'être surveillés, entravés et persécutés partout où nous allons et quoi que nous fassions ou devenions. Lors de la réunion du 21 janvier 2012, ces trois Frères Italiens essentiellement nous ont dit que cela ( j’en suis personnellement témoin de cela ) : « Si vous ne retirez pas le Latin du Séminaire ( à l'époque, le Séminaire Théologique de l'Immaculée Médiatrice, nous vous dénoncerons à la Congrégation [ CIVCSVA — La Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique ] où — comme vous le savez — les Modernistes [ ou les Progressistes ] sont et qui vous mettront sous tutelle ». Et c'est exactement ce qui est arrivé. Nous ne nous sommes pas pliés à la menace, la Visite est alors arrivée et nous avons été placés sous tutelle.

Maintenant, un de ces trois prêtres Italiens ( pendant ce temps, l'un des deux Américains est retourné aux Conventuels Mineurs ) est le rédacteur en chef du « Calendrier 2018 des Franciscains du Immaculé » ( Pourquoi ne l’a-t-il pas été envoyé à Ferrara ? ) . Dans un certain sens, c'est un texte officiel dans la mesure où il est précisé qu'il a été publié par les Frères Franciscains de l'Immaculée « avec la bénédiction et la supervision du Commissaire Apostolique Don Sabino Ardito, SDB ».

Étrange par contre de voir sur le calendrier des FFI, que la lettre du Pape François aux Jeunes ( 13 Janvier 2017 ) est à côté d’une photo de quelques jeunes en compagnie de — Pape Jean-Paul II ! Quoi qu'il en soit, les photos et les textes cités de Saint Maximilien Kolbe, du Bienheureux Paul VI et de Saint Jean-Paul II sont très beaux.

Néanmoins, nous ne pouvons pas garder le silence sur certaines perplexités dans l'article de l'Éditeur intitulé « Jeunes, Familles, Saint Maximilien et les Frères Franciscains de l'Immaculée ». Une bonne chose, en effet, c'est de souligner que notre discipline est l'idéal Marial-Franciscain du Père Kolbe. Néanmoins, l'exclusion à l'égard de nos Pères Fondateurs, Manelli et Pellettieri, qui ne sont pas mentionnés du tout, est très grave et symptomatique. C'est en fait un signe de leur damnatio memoriae[ on écrase la mémoire des fondateurs ], qu’ils aimeraient planter dans l’esprit des nouveaux FFI ( L'Éditeur est l'un des cinq accusateurs et opposants de Manelli au FFI à la réunion le 21 janvier 2012 ) avec le soutien et/ou sous la direction de quelques figures de la Curie.

En effet, ce qui était et devrait être notre « Vœu Marial de Consécration Illimitée à l'Immaculée », qui était le vœu constitutif primaire des FFI, est plutôt réduit par l'Éditeur ( et par les Têtes dirigeantes ) à un « quatrième vœu ( les médias — et la nature missionnaire ... ) ». Qui sait ce que signifie ces trois pointillés ? Tout cela confirmerait le programme imposé d’« en haut » : refaire, ou manipuler — sur la planche à dessin — notre charisme des FFI, notre histoire, notre formation, notre pensée et notre conscience.

Le plan en cours était déjà en quelque sorte perceptible dans l'interview honteuse et calomnieuse ( Kolbe, pas Lefebvre ) publiée dans le numéro de mars 2014 de la revue Vita Consacrata Testimoni (EDB) , qui ne se distingue certainement pas pour son appréciation de la réalité d'une Vie religieuse un peu « traditionnelle ».

Bref, on a pu déduire le plan de quelques individus pendant un certain temps : calomnier et détruire le Père Manelli, « l'identifier » d'abord à Mgr Lefebvre, ensuite avec le Père Maciel Degollado, et enfin avec le Frère Elia de Cortona : par conséquent, couper les FFI de leur Fondateur diffamé et les relier au Père Kolbe ; traiter les Fondateurs comme des infidèles de l'Église et du charisme des FFI ; nier leur contribution charismatique ( par exemple le Vœu Marial et la pauvreté Franciscaine ) ; construire de nouveaux « fondateurs » et reprogrammer les FFI, peut-être en les faisant se déplacer lentement vers un « retour » probable aux Conventuels ou autres Ordres Mineurs.

N'oubliez pas que, dans les grandes Familles Franciscaines, il y a un projet en cours pour l'unification. ( https ://www.corrispondenzaromana.it/il-francescanesimo-del-futuro-annunciato-da-radio-vaticana/ ). L'Éditeur du Calendrier semble même être trop optimiste, convaincu que les FFI conserveront à la fin de l'administration externe ses caractéristiques fondamentales.

Ce ne sera pas le cas : le Vœu Marial a déjà été éliminé et notre nature Mariale réduite à une soi-disant « atmosphère », à un Acte de Consécration, non plus à un Vœu public et constitutif. Sans parler de la vraie pauvreté Franciscaine et de la guerre contre les Associations. Bref, à la lumière des six dernières années, on peut en déduire que, dès le début, quelques individus avaient l'intention de nous détruire.

La résistance, même légale et judiciaire, a ralenti leurs plans qui continuent néanmoins. Un autre point douloureux de l'Éditeur est l'accent mis sur le fait que l'administrateur externe travaille à la « clarification doctrinale » des FFI. Les initiés savent bien qu'il fait partie de ceux qui nous accusent et nous calomnient d'une « dérive Lefebvrienne » et de trahir l'Église et notre charisme. En vérité, en connaissance et en conscience, nous voyons maintenant une « dérive » et ce n'est certainement pas dans le sens Traditionaliste. Par exemple, il serait intéressant d'enquêter sur les positions des Frères et des têtes dirigeantes des FFI sur la question de la Communion permise aux divorcés/remariés qui vivent « plus d'uxorio » . Celui qui écrit ceci, partage d'autre part les « Dubia » des quatre ( maintenant 2 ) Cardinaux et de nombreux autres prélats et prêtres plus ou moins connus. En effet, nous craignons que ceux qui ont fait ou font même encore maintenant des « discernements » au sujet des FFI, en d'autres termes, ceux qui veulent « nous ré-programmer » sont en fait influencés par au moins certains de ces principes qui constituaient le tronc commun du Thomisme transcendantal de Karl Rahner et de la Théologie de la libération de Gustavo Gutierrez (1971). Les hommes d'Église et les travailleurs en Église formés dans une telle mentalité progressive ne peuvent rien faire d'autre que d'espérer et causer notre destruction ( http ://amicideltimoneferrara.blogspot.it/2017/03/teologia-della-liberazione-anno-1971.html ). Tant qu'ils sont influents dans l'Église, nous n'avons aucun moyen de s’en sortir.

Faire appel aux Autorités du Vatican semblerait inutile. Nos Sœurs Franciscaines de l'Immaculée ont fait appel à la Signature Apostolique contre la CIVCSVA et probablement elles auraient été reconnues justes et obtenu justice. Cependant, quelqu'un de « haut », au lieu de respecter la bonne voie juridique, a peut-être poussé sur le verdict de la Signatura et a pratiquement tout bloqué, en acceptant la demande du CIVCSVA et en décrétant un autre commissionnaire externe.

En connaissance et en conscience devant le Jugement Divin, le Dieu d'Israël, nous ne pouvons plus nous taire et regarder silencieusement et passivement le triomphe de l'injustice et de la spéciosité qui en effet réclame la vengeance aux yeux de Dieu. Que Dieu et Marie, Notre Mère Bénie, Corédemptrice, la Nouvelle Esther, nous aide à supporter cette souffrance pour le bien de l'Église. Nous ne savons pas quel sera notre avenir : que ce soit comme FFI, prêtres diocésains ou être réduits à l'état laïc. Seule une intervention extraordinaire de la Grâce peut nous sauver. Sinon « nous mourrons » en termes de vocation, mais avec honneur, pas comme traîtres .

Traduction de l'Italien vers l'Anglais : Francesca Romana