vendredi 26 janvier 2018

Le Pape François sur les « Fake News » :
La vérité n'est pas un fait mais un feeling !



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Le Centre de Fatima
Le 25 janvier 2018


Il semble qu'il n'y ait pas de sujet sociopolitique sur lequel le Pape François ne se sente pas incompétent pour se prononcer, notamment sur la politique d'immigration, les niveaux atmosphériques du CO2 et le sort des marais à mangroves, voire le mouvement indépendantiste Écossais ( il est contre ).

Maintenant, François s'est étendu sur la controverse des « Fake News » [ fausses nouvelles ], qui est principalement un phénomène Américain. Il n'est pas surprenant qu'à ce stade du pontificat, son Message pour la Journée Mondiale des Communications 2018, lu dans son ensemble, penche clairement en faveur de la censure des opinions conservatrices qualifiées de « Fake News » par les censeurs libéraux. Ainsi, François loue « les initiatives institutionnelles et juridiques visant à définir des réglementations pour freiner le phénomène, ainsi que celles entreprises par les sociétés de Technologies et de Média, afin de définir de nouveaux critères pour la vérification des identités personnelles qui se cachent derrière les millions de profils numériques ».

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Oui, assez étonnamment, François fait l'éloge de la régulation du discours par les entreprises technologiques, ce qui signifie, bien sûr, la régulation du discours conservateur — comme le confirme l'expérience amère des leaders d'opinion conservateurs avec Google, Facebook et Twitter. En fait, il n'y a pas de tentatives des conservateurs pour réguler les « Fake News » constamment diffusées par les médias libéraux, donc il y a peu de doute sur ce que le Pape François ( ou son écrivain fantôme ) loue ici : la censure des conservateurs par les libéraux.

François va même jusqu'à vanter les efforts des entreprises technologiques pour vérifier les identités personnelles des détenteurs de comptes Internet, prônant ainsi clairement l'hystérie libérale Américaine selon laquelle des « bots Russes » et une « ferme à contenus » Macédonienne [ voir les définitions de ces deux termes en fin d’article ] ont volé l'élection Présidentielle de 2016 à Hilary Clinton. Il n'y a certainement pas de demande aux États-Unis pour que les détenteurs de comptes libéraux aient leur identité personnelle confirmée par l'espionnage des sociétés de technologie.

Le plus troublant à propos de ce Message, cependant, est la définition purement émotionnelle de la vérité de François, censée contrer les Fake News. Citation de François ici :

« Pour discerner la vérité, il est nécessaire d’examiner ce qui favorise la communion et promeut le bien et ce qui, au contraire, tend à isoler, diviser et opposer. La vérité, par conséquent, ne s’acquiert pas vraiment quand elle est imposée comme quelque chose d'extrinsèque et d’impersonnel ; elle découle au contraire de relations libres entre les personnes, de l’écoute réciproque. En outre, on ne cesse jamais de chercher la vérité, parce que quelque chose de faux peut toujours s'insinuer, même en disant des choses vraies. Un argument impeccable peut en fait reposer sur des faits indéniables, mais s'il est utilisé pour blesser quelqu’un et pour le discréditer aux yeux des autres, aussi juste qu'il apparaisse, il n'est pas habité par la vérité. À partir des fruits, nous pouvons distinguer la vérité des énoncés : s'ils suscitent la controverse, fomentent les divisions, insufflent la résignation ou si, au contraire, ils conduisent à une réflexion consciente et mûre, au dialogue constructif, à une dynamique fructueuse ».

Ainsi, selon le Pape François, la vérité n'est pas simplement un fait, quelque chose qui existe objectivement en tant que ce qu’elle est et à laquelle l'esprit ( pour utiliser le terme Thomiste ) s'atteint ( se conforme ) dans une rencontre avec le réel. C'est plutôt une proposition qui promeut ce que François considère comme la disposition relationnelle correcte entre ceux qui discutent : la communion plutôt que la désunion. Comme le veut François, même les « faits indéniables » doivent être considérés comme « faux » s'ils blessent ou discréditent un autre. Mais que se passe-t-il si la justice ou la charité exige qu'un autre soit discrédité par des faits indéniables, même si cela le « blesse » dans le sens purement émotionnel de le faire se sentir mal ? Notez également la fausse disjonction caractéristique entre une déclaration qui promeut le « bien » et une autre qui « tend à isoler, diviser et s'opposer ».

François ignore-t-il vraiment que ce sont précisément les énoncés de vérité qui promeuvent le bien, particulièrement dans le domaine de la moralité, qui provoquent la désunion et la discorde dans une civilisation qui a tourné le dos à Dieu ? Le Pape François fait appel à l'Évangile dans son Message sans jamais mentionner l'avertissement prophétique de Notre Seigneur que son Évangile diviserait le monde, avec les puissances des ténèbres opposées à la vérité qui nous rend libres :

« « Je suis venu apporter un feu sur la terre et combien je voudrais qu'il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême et quelle angoisse pour moi jusqu'à ce qu'il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais la division. Dès maintenant, une famille de cinq personnes sera divisée, trois contre deux et deux contre trois. Le père sera contre son fils et le fils contre son père, la mère contre sa fille et la fille contre sa mère, la belle-mère contre sa belle-fille et la belle-fille contre sa belle-mère » (Luc 12 : 49-53)

La « vérité » qui « encourage la communion » dans le sens que ce monde déchu l’exige n'est que ce que la démangeaison des oreilles veulent entendre : les mensonges séduisants de l'Adversaire depuis le temps de la Chute — auquel, assez ironiquement, François se réfère dans le même Message. La vérité qui divise un monde en rébellion contre le Christ est la vérité de l'Évangile, qui condamne les voies mauvaises du monde et appelle les hommes déchus à marcher sur le chemin étroit que la Grâce leur permettra de suivre, et de porter le fardeau que la Grâce rend léger, comme Notre Seigneur l'a promis.

Si seulement le Pape François posait la question clairement. Mais à notre époque la clarté est difficile à trouver dans l'élément humain de l'Église, maintenant aux prises avec cette « désorientation diabolique » prédite dans le Troisième Secret de Fatima.


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