mardi 23 janvier 2018

Le Centre de Fatima ne demeurera pas
— ne peut pas être — silencieux



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Le Centre de Fatima
Le 22 janvier 2018

Jour après jour, cette chronique, et même cet apostolat, sont affairés à exposer et à s'opposer aux erreurs contre la Foi qui prolifèrent de nos jours, sans doute comme le prédit le Troisième Secret de Fatima.

À l'accusation de « négativité », il y a, pour un Catholique qui se soucie de la Foi, une seule réponse. C'est la même réponse que le Père Gruner a toujours donnée à ses critiques, citant le Pape Saint Félix III : « C'est approuver l'erreur que de ne pas y résister ; c'est étouffer la vérité que de ne pas la défendre... Quiconque cesse de s'opposer à un forfait manifeste peut en être regardé comme le complice secret ». (Cf. Léon XIII, Inimica Vis, citant Félix III.)

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Comme l'a si justement observé le Professeur Roberto de Mattei à ce propos : « La vraie cause de la crise actuelle dans l'Église n'est pas tant l'arrogance de ceux qui ont perdu la Foi, mais la faiblesse de ceux qui, la préservant, préfère garder le silence plutôt que de la défendre publiquement. Ce minimalisme constitue la maladie spirituelle et morale contemporaine ».

Le Professeur De Mattei observe en outre qu'il y a aussi le danger d'un minimalisme qui se limiterait à une défense — certainement nécessaire — des préceptes négatifs de la Loi Divine et naturelle, les « Tu ne dois pas », qui représentent le « plancher » du devoir Chrétien, tout en ne défendant pas les préceptes moraux positifs et l'enseignement corrélatif de l'Église, qui représentent le bien supérieur que nous sommes obligés de rechercher par amour pour Dieu et Sa vérité révélée.

« Le précepte de correction fraternelle, écrit-il, est parmi les préceptes moraux positifs ». Citant un exemple fréquemment cité par le Père Gruner, le Professeur de Mattei nous rappelle que « quiconque aime vraiment Dieu suivra l'exemple d'Eusèbe, le laïc, qui devint plus tard un Évêque, et qui, en 423, a publiquement tenu tête à Nestorius qui a nié la Divine Maternité ». Il résume aussi le conseil judicieux d'un prêtre Italien, le Père Salvatore Priola : « Se lever et sortir quand nous entendons des choses contrairement à la Foi » de manière à « manifester notre amour maximaliste de Dieu et ne pas mettre la lampe de notre Foi sous le boisseau ».

Pour citer directement le même prêtre ( avec des mots qui auraient pu être prononcés par le Père Gruner ) :

« Quand vous entendez un prêtre dire des choses contraires à la Foi Catholique, vous devriez avoir le courage de vous lever et de dire au prêtre, même pendant la Messe : « Ceci n'est pas permis ! » ... Même si un prêtre le dit, même si un Évêque le dit, levez-vous et dites-lui : « Père, Excellence, ceci n'est pas permis. Parce qu'il y a un Évangile. Parce que nous sommes tous sous l'Évangile, du Pape jusqu’en bas. Nous sommes tous sous l'Évangile ».

Nous sommes tous sous l'Évangile. Du Pape jusqu’en bas. Même le Pape ne peut prêcher un évangile autre que celui qui nous a été transmis par le Christ et les Apôtres.

Ainsi, même un Pape n'est pas exempté d’une correction fraternelle par ses sujets si cela s'avérait nécessaire. Pour citer Saint Thomas : « Il faut remarquer, cependant, que si la Foi était en danger, un sujet devrait réprimander son prélat même publiquement. Par conséquent, Paul, qui était le sujet de Pierre, l’a réprimandé publiquement, à cause du danger imminent de scandale concernant la Foi... [ c’est-à-dire son refus de manger avec des Gentils, mettant en danger leur foi en remettant en question l'abrogation de l'Ancienne Loi par l’établissement de la Nouvelle par le Christ ] ».

S'il en était autrement, alors notre Foi n'aurait aucun contenu immuable et objectif à défendre contre l'erreur et le Pape serait précisément la caricature que les Protestants ont dépeinte : une sorte d'oracle qui pourrait altérer les Doctrines de la Foi ou en annoncer de nouvelles à volonté. Rester silencieux face à ce qui se passe pendant ce pontificat serait précisément valider cette caricature. C'est ce que nous ne ferons pas et ne pouvons pas faire.