jeudi 18 janvier 2018

La réalité de l'enfer et la crainte de Dieu
bannies d'une église près de chez vous




Par : Peter A. Kwasniewski PhD (Philosophie)
Professeur, Wyoming Catholic College

SOURCE : One Peter Five
Le 17 janvier 2018


Dans mon article « La Descente Cinquante Ans à la Note 351 : Désensibilisation Progressive à la Très Sainte Eucharistie », j'ai parlé de la façon dont les nombreux changements soudains et radicaux apportés à la réforme liturgique ont contribué à une érosion continuelle de la croyance en la Messe comme étant un Sacrifice vrai et réel et dans la Présence Réelle de Notre Seigneur dans le Saint Sacrement. Dans le présent article, je souhaite aborder ce qui y est un sujet étroitement lié, à savoir comment la sainte crainte de Dieu, qui commence dans la crainte de ses justes punitions pour le péché et qui mûrit dans l'amour pour Lui pour Lui-même ainsi qu’à un désir de demeurer avec Lui pour toujours dans le Ciel, a été miné par l'enlèvement systématique des textes de la liturgie concernant la réalité de l'enfer et de notre besoin de vigilance et de renoncement de soi afin d'éviter cela.

Il y a beaucoup d'articles qui montrent à quel point les prières ont été radicalement modifiées dans le Missel du Novus Ordo, soit pour minimiser la subordination des choses terrestres aux choses célestes ( comme par exemple avec St. Albert ), soit pour « purger l'élément mythique » ( comme avec Sainte Catherine ), ou pour éviter de s'adresser directement au Christ en tant que Dieu ( comme cela se produit à l'Avent ), ou pour minimiser la Royauté du Christ sur les sociétés et les gouvernements ( comme la réinvention du Christ Roi ). La liste s'allonge encore et encore, comme Lauren Pristas , Anthony Cekada, et d'autres auteurs ont montré. Ici, mon propos est plus modeste : je me concentrerai sur des textes qui parlent d'enfer et nous verrons comment ils se sont comportés dans le temps entre le Missale Romanum de 1962 et son remplacement délibéré moins d'une décennie plus tard.

La Messe de Requiem [ Messe de funérailles ]

Le témoignage le plus évident et éloquent de la Doctrine de l'Église sur les Quatre Fins Dernières ( la mort, le jugement, le ciel et l’enfer , ainsi que leur complément, le purgatoire ) est la traditionnelle Messe de Requiem, qui a été priée dans le Rite Latin pendant tant de siècles de façon inchangée et est toujours utilisée partout où la Messe Latine fleurit. La Messe de Requiem s'est organiquement développée de telle sorte qu'il y a un équilibre dans ses textes entre, d'une part, la consolation et la confiance dans le Ciel, et, d'autre part, la crainte de la punition par des prières pour le salut de l'âme afin qu’elle soit hors de l’enfer. Cette Messe est simplement Catholique à cet égard, en tenant compte de la plénitude de l'enseignement de l'Évangile sur l'au-delà. Inutile de dire que tous ces textes doivent être récités ou chantés à chaque Messe de Requiem — rien n'est « optionnel », tout comme la mort, le jugement et la destinée éternelle de la béatitude ou de la souffrance ne sont pas facultatifs.

Le Requiem ne manque certainement pas de prières consolantes ou confiantes. Regardez l'Introït, l'Épître (1 Thessaloniciens 4 : 13-18), le Graduel (Psaume 111 : 7), l'Évangile (Jean 11 : 21-27), le Secret, la Communion et la Postcommunion : toutes celles-la demandent un pardon miséricordieux et un repos éternel et expriment votre confiance que l'âme avec foi en Christ « sera dans la mémoire éternelle » et « ne craindra pas l'audition maléfique » ( Graduel ). Le Trait ( ndt : ça remplace l’Alléluia ) semble osciller entre la lumière et les ténèbres :

« Absous, Seigneur, les âmes de tous les fidèles défunts de tout lien de péché, et que, secourues par ta grâce, elles méritent, Seigneur, d’échapper au jugement vengeur et de goûter aux joies de la lumière éternelle ».

La Séquence, le fameux « Dies Irae », laisse libre cours aux vérités terrifiantes et tremblantes :

Jour de colère, ce jour-là
Il réduira le monde en cendres,
David l’atteste, et la Sibylle.
Quelle terreur à venir,
quand le juge apparaîtra
pour tout strictement examiner !
... Un livre écrit sera produit,
dans lequel tout sera contenu ;
d’après quoi le Monde sera jugé.
Quand le Juge donc tiendra séance,
tout ce qui est caché apparaîtra,
et rien d’impuni ne restera.
Que, pauvre de moi, alors dirai-je ?Quel protecteur demanderai-je,
quand à peine le juste sera en sûreté ?
Roi de terrible majesté,
qui sauvez, ceux à sauver, par votre grâce,
sauvez-moi, source de piété.
... Mes prières ne sont pas dignes ( d’être exaucées ),
mais vous, si bon, faites par votre bonté
que jamais je ne brûle dans le feu.
Entre les brebis placez-moi,
que des boucs je sois séparé,
en me plaçant à votre droite.
Confondus, les maudits,
aux flammes âcres assignés,
appelez-moi avec les bénis.

L'Offertoire continue dans la même veine :

"Seigneur, Jésus-Christ, Roi de gloire, délivre les âmes de tous les fidèles défunts des peines de l'enfer et de l'abîme sans fond : délivre-les de la gueule du lion, afin que le gouffre horrible ne les engloutisse pas et qu'elles ne tombent pas dans les ténèbres. Mais que Saint-Michel, le porte-étendard, les introduise dans la sainte lumière, Répons : que tu as autrefois promise jadis à Abraham et à sa postérité. Célébrant : Nous t'offrons, Seigneur, le sacrifice et les prières de notre louange : reçois-les pour ces âmes dont nous faisons mémoire aujourd'hui. Seigneur, fais-les passer de la mort à la vie.
Répons : que tu as autrefois promise jadis à Abraham et à sa postérité ».[1]

Peut-être le plus parlant de tout est la Prière d’ouverture [ Collecte ] faite pour le jour de la mort ou de l'enterrement :

O Dieu dont c’est le propre de toujours pardonner et de faire miséricorde, nous vous implorons pour l’âme de votre serviteur (servante) N., qu’aujourd’hui vous avez appelé(e) à quitter ce monde: ne le (la) livrez pas au pouvoir de l’ennemi et ne l’oubliez pas à jamais, mais ordonnez à vos saints Anges de le (la) recevoir et de l’introduire dans la céleste patrie, afin qu’ayant cru et espéré en vous, il (elle) n’ait point à souffrir les peines de l’enfer mais puisse entrer en possession des joies éternelles ».

Ce sont de fortes prières qui traitent sans vergogne des mâchoires béantes de l'enfer et de la possibilité que nous puissions être consommés par elles pour des péchés non repentis. Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Église ; mais ils peuvent très bien prévaloir contre vous ou moi.

Une telle liturgie présente toute la Foi Catholique. Encore une fois : lex orandi, lex credendi [ NDT : la façon dont on prie conditionne ce que l’on croit ]. Nous croyons en priant. Et ce que nous ne prions pas, nous cesserons tôt ou tard de le croire — il sera remplacé par un ersatz [ remplacement ] de doctrine d’un pedigree douteux.

Le témoin du Lex Orandi

Une reconnaissance salutaire des conséquences éternelles peut être vue dans n'importe quel nombre d'endroits dans le Missel Romain Traditionnel. Voici la Prière d’ouverture [ Collecte ] pour la fête de Saint-Nicolas le 6 décembre :

« O Dieu, qui a paré d'innombrables miracles le Bienheureux Évêque Nicolas : accorde-nous, nous t'en supplions, que, par ses mérites et ses prières, nous puissions être délivrés des flammes de l'enfer ».

( Dans le Novus Ordo, cela a été affadi :

« Nous implorons humblement votre miséricorde, Seigneur : protégez-nous en tous les dangers par les prières de l'Évêque Saint Nicolas afin que la voie du salut puisse s'ouvrir devant nous » ).

Le Vendredi de la Semaine de la Passion comprend cette galvanisation de la Prière d’ouverture [ Collecte ] :

« Verse miséricordieusement, nous t’en supplions, ô Seigneur, Ta Grâce dans nos coeurs : que nous, qui nous nous restreignons du péché par le châtiment volontaire, souffrions plutôt pendant un certain temps que d’être condamnés à la punition éternelle ».

Le Prière d’ouverture [ Collecte ] pour la Messe du Jeudi Saint parle avec clarté du sort de Judas :

« Ô Dieu, de qui Judas a reçu le châtiment de sa culpabilité et le voleur la récompense de sa confession ; accorde-nous le plein fruit de Ta clémence ; que, comme dans sa Passion, notre Seigneur Jésus-Christ a donné à chacun sa rétribution selon ses mérites, ainsi, ayant purifié notre ancienne culpabilité, Il peut nous accorder la Grâce de Sa résurrection ».

La Prière d’ouverture [ Collecte ] du Deuxième Dimanche après Pâques est ainsi :

« Ô Dieu, qui, par l'humilité de ton Fils, a relevé un monde déchu, accorde une joie sans fin à tes fidèles ; que ceux que tu as arrachés aux périls d’une mort sans fin, tu peux les faire jouir des délices sans fin ».

Le Troisième Dimanche après la Pentecôte offre une de ces magnifiques Prières d’ouverture qui en dit tellement en si peu de mots, et qui peut être priée avec ferveur par quiconque a la moindre connaissance de soi :

« Ô Dieu, protecteur de tout ceux qui se confient en Toi, sans qui rien n'est fort, rien n'est saint, multiplie Tes Miséricordes sur nous : que, t'ayant pour chef et guide, nous puissions ainsi passer à travers les choses temporelles et que nous ne perdions pas finalement celles qui sont éternelles ».

Bien sûr, la seule prière Eucharistique jamais utilisée dans le antiquior usus [ usage ancien ] est le Canon Romain du 6 ième siècle, qui implore la majesté divine sans détour :

« Nous Te supplions, Seigneur, d'être apaisé et d'accepter cette oblation de notre service, comme aussi de toute Ta famille, et de disposer de nos jours dans Ta paix, de nous arracher à la damnation éternelle et de nous compter dans le troupeau de Tes élus ».

En outre, on pourrait citer des versets pertinents des Séquences du Stabat Mater et du Lauda Sion, qui, bien que données en option dans le Novus Ordo, sont généralement sautées, en raison de leur longueur ; ils sont, comme d'habitude, exigés dans la Vieille Messe Latine certains jours de l'année.

Cher lecteur, me croiriez-vous si je disais qu'aucun des textes liturgiques précédents n'a survécu à la réforme liturgique ? Mais c'est vrai. Dans certains cas, les textes ont été supprimés complètement et ne peuvent être trouvés nulle part dans les nouveaux livres. Dans d'autres cas, certains textes ( tel que l'Offertoire du Requiem ) peuvent être trouvés dans un livre recherché et rare comme le Graduale Romanum, ou mis de côté comme une quatorzième option quelque part, mais en pratique ils ont disparu de la vie de l'Église. Le seul endroit où ils prospèrent est l'endroit où ils sont au centre comme ils en sont requis pour leur culte public, notamment dans les communautés qui profitent de la Liturgie Traditionnelle.

« La Parole de Dieu n'est pas enchaînée » (2 Tim 2 : 9)

Au-delà de ces prières, l'enfer est mentionné plusieurs fois chaque année dans les lectures Évangéliques de la Messe Latine Traditionnelle qui, heureusement, conserve l'ancien cycle de lectures d'un an, plutôt que les cycles gargantuesque de deux et trois ans du Novus Ordo . Dans l’usus antiquior [ usage ancien ], la Déclaration solennelle de Notre-Seigneur dans le Chapitre 12 de l'Évangile de Saint Luc : «

Je vous le dis, à vous mes amis : ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais qui, ensuite, ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez Dieu qui, après la mort, a le pouvoir de vous jeter en enfer. Oui, je vous le dis, c'est Lui que vous devez craindre ! »

On lit cette déclaration au moins quatre fois dans l'année, à savoir, pour la Fête de Saint Justin Martyr ( 14 avril ), Saints Jean et Paul ( 26 juin ), les Saints Maccabées ( 1er août ) et Saints Tiburcii et Susanne ( 11 août ), ainsi que n'importe quel autre moment, ce commun de plusieurs martyrs pourrait être utilisé. En comparaison, ce passage est lu une fois tous les deux ans dans le Novus Ordo. Le passage parallèle du Chapitre 10 de l'Évangile de Saint Matthieu : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais qui ne peuvent pas tuer l'âme ; craignez plutôt Dieu qui peut faire périr à la fois le corps et l'âme dans l'enfer » est lu pour quatre fêtes, celles de Saint-Polycarpe ( 26 janvier ), de Saint-Cyrille de Jérusalem ( 18 mars ), de Saint-Athanase ( 2 mai ) et de Saint-Irénée ( 3 juillet ). Dans le Novus Ordo, il est lu un samedi de chaque année et un dimanche tous les trois ans.

Matthieu 5 :22 : « Celui qui lui dit : « Idiot ! » mérite d'être jeté dans le feu de l'enfer » fait partie de l'Évangile le Cinquième Dimanche après la Pentecôte. Dans le Novus Ordo, cela apparaît heureusement deux jours de la semaine par an et un dimanche tous les trois ans. La péricope [passage de la Bible découpé pour l'usage liturgique ] de Matthieu 18 : 7-10, qui comprend ces mots obsédants :

« Quel malheur pour le monde que tous les faits qui entraînent les hommes à pécher ! Ils se produisent fatalement, mais malheur à l'homme qui en est la cause ! Si c'est à cause de ta main ou de ton pied que tu tombes dans le péché, coupe-les et jette-les loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vraie vie avec une seule main ou un seul pied que de garder les deux mains et les deux pieds et d'être jeté dans le feu éternel. Et si c'est à cause de ton oeil que tu tombes dans le péché, arrache-le et jette-le loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vraie vie avec un seul oeil que de garder les deux yeux et d'être jeté dans le feu de l'enfer »

C'est lu au moins deux fois par an dans l’usus antiquior, à savoir, pour la Dédicace de Saint Michel Archange ( 29 septembre ) et les Saints Anges Gardiens ( 2 octobre ). Dans le Novus Ordo, étonnamment, ces versets ne sont jamais lus : les versets « amicaux » 1-5, 10 et 12-14 sont lus à plusieurs reprises, mais les versets sur le feu de l'enfer sont supprimés. Trop effrayant, je suppose.

Si j'ai fait les calculs correctement, sur une période de trois ans, celui qui assiste à la Messe Latine Traditionnelle entendra 33 fois ces Évangiles en particulier alors que celui qui fréquente le Novus Ordo les entendra 13 fois. [2] Évidemment, il y a beaucoup d'autres facteurs dont il faudrait tenir compte pour une comparaison complète de la présentation des Quatre Fins Dernières dans les deux formes du Rite Roman, un projet qui dépasse le but de cet article. Néanmoins, la comparaison que nous venons d'exposer expose déjà le genre de différences profondes dans le lex orandi que je prétends pertinentes pour comprendre la confusion de notre temps en matière de Doctrine ( lex credendi ) et en matière de morale ( lex vivendi ). [3]

Conséquences spirituelles pour les fidèles

Nous avons vu que la Liturgie Traditionnelle prie pour les vivants et les morts de manière réaliste et nous instruit en conséquence, soulignant la Miséricorde de Dieu et la possibilité d'atteindre la vie éternelle sans négliger le « jugement vengeur » du Seigneur et la possibilité réelle de la damnation. La liturgie nous inculque une vive conscience de notre faiblesse et de notre dépendance à la Grâce, de la gravité du péché, du besoin de pénitence et d'ascétisme ainsi que du rôle fondamental que la crainte du Seigneur doit jouer dans notre vie intérieure. L'attitude de base de l'adorateur est celle louée par le psalmiste : « Soumettez-vous avec respect au Seigneur, reconnaissez en tremblant son autorité » (Psaume 2, 11). [4]

Instruit par la Messe des Âges et d'autres textes liturgiques, [5] nous croyons (a) que tout le monde ne va pas automatiquement au paradis, (b) qu’il y a un Juge Tout-Puissant, Omniscient, Juste qui examinera nos œuvres et nous donnera ce que nous avons cherché dans nos choix — la gloire ou la honte, la béatitude ou la damnation ; (c) que l'âme défunte a désespérément besoin de nos prières parce que nous souhaitons qu'elles soient libérées des angoisses du purgatoire, et l'une des manières de le réaliser est quand les membres de l'Église Militante offrent des prières et des pénitences pour les morts.

Nos actions dans cette vie ont des conséquences éternelles, pour le bien ou pour le mal. L'une de ces actions que nous devons discerner est de savoir si nous vivons actuellement en accord avec les Commandements de Dieu, spécialement les Dix Commandements. Ce n'est pas un examen facultatif de conscience pour celui qui est extra-pieux mais un examen exigé pour chaque être humain qui a atteint l'usage de la raison. En d'autres termes, personne ne peut s'excuser devant le Juge en disant : « Je ne savais pas que j'étais censé examiner ma conscience pour savoir si j'acceptais ou non les Dix Commandements. » Il y a certaines choses dont personne ne peut être blâmé de ne pas savoir si on ne leur a jamais dit, mais il y a d'autres choses — la loi morale naturelle, en particulier — que nous sommes obligés de connaître et que nous sommes capables de savoir. En outre, le Catholique, après avoir examiné sa conscience de cette manière, doit discerner s'il est dans un état de grâce sanctifiante afin qu'il puisse s'approcher du Banquet Céleste pour recevoir la Chair Blessée et Glorifiée du Sauveur. Ceci, après tout, est l'enseignement de non moins une autorité que l'Apôtre Saint Paul dans 1 Corinthiens 11 : 27-29 :

« C'est pourquoi, celui qui mange le pain du Seigneur ou boit de sa coupe de façon indigne, se rend coupable de péché envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'examine soi-même et qu'il mange alors de ce pain et boive de cette coupe ; car si quelqu'un mange du pain et boit de la coupe sans reconnaître leur relation avec le corps du Seigneur, il attire ainsi le jugement sur lui-même.».

Mais ces versets ont été entièrement omis du Novus Ordo . On commence à détecter un motif dans tout cela. Le fait effrayant, Mesdames et Messieurs, est que le Novus Ordo minimise systématiquement la réalité de l'enfer. [6]

La disparition virtuelle de certaines prières et lectures liturgiques, et la réduction significative des autres, fait sûrement partie de la raison, sans doute la raison principale, que les Catholiques d'aujourd'hui sont enclins à croire à la fois au salut universel ET à une attitude où « tout le monde est le bienvenu » concernant ceux et celles qui peuvent recevoir la Sainte Communion. Ces deux points de vue vont main dans la main

La débâcle d’Amoris Laetitia ne peut être résolue que lorsqu'il y aura un grand retour à l'enseignement traditionnel ( c'est-à-dire Catholique ) sur tous ces sujets. La restauration de cet enseignement dépend de sa pénétration, de son efficacité et de sa longévité dans l'adhésion zélée aux Liturgies Traditionnelles ( Orientales et Occidentales ) où elles fleurissent déjà, et leur restauration complète partout où elles ne le sont pas. Aussi loin que puisse paraître cet objectif, nous ne devons jamais nous lasser de le poursuivre, car le lien qui unit la lex orandi, la lex credendi et la lex vivendi est intrinsèque, indissoluble et inévitable.



REMARQUES

[1] Incidemment, la grande antiquité de cet Offertoire est évidente dans un certain nombre de caractéristiques. Premièrement, elle conserve la forme d'un répons, qui était la forme originale de tous les antiphones [ court chant répété ] de l'Offertoire. Au fil du temps, les autres chants d'offrandes furent raccourcis, mais celui-ci resta toujours entier. ( Les versets originaux pour d'autres chants d’Offertoire sont disponibles dans Offertoriale publié par Solesmes ). Deuxièmement, ses résonances de l'Ancien Testament sont caractéristiques de la prière classique de l'Église Romaine, en particulier la mention de la promesse à Abraham et à sa semence (c’est-à-dire Christ, comme l'enseigne Saint Paul dans Galates), et l'utilisation de l'expression « sacrifice de louange », qui décrit comment le Canon Romain du 6 ième siècle décrit l'Oblation Eucharistique. Nous examinons ici le cœur même de la liturgie Catholique Romaine.

[2] Les nombres que j'ajoute ensemble sont (4 + 4 + 4) + (4 + 4 + 4) + (1 + 1 + 1) + (2 + 2 + 2) pour les Égangiles de l’usus antiquior et (1 + 0 + 1) + (1 + 1 + 2) + (2 + 2 + 3) + (0 + 0 + 0) pour le Novus Ordo.

[3] L'outil d'étude idéal pour cette question est l’Index Lectionum de Matthew P. Hazell : un tableau comparatif des lectures pour les formes ordinaires et extraordinaires du Rite Romain ( Lectionary Study Press, 2016). Ma préface à ce volume va dans un certain nombre d'autres aspects inquiétants du lectionnaire révisé. Récemment j'ai écrit sur la signification du fait que l'Évangile de la Fête du Mariage à Cana est lu chaque année dans la Messe Traditionnelle ( Deuxième Dimanche après l'Epiphanie ) mais seulement une fois tous les trois ans dans le Novus Ordo ( Second Dimanche du Temps Ordinaire, Année C ).

[4] Saint Augustin commente ce verset : « Servez le Seigneur avec crainte, de peur de ce qui est dit : Vous, rois et juges de la terre, ne vous tournez dans l'orgueil, et ne vous réjouissez pas en tremblant. On se réjouit très excellemment, de peur que servir le Seigneur avec crainte ne semble tendre à la misère. Mais encore une fois, de peur que cette même réjouissance ne glisse sur un manque de considération sans retenue, il est ajouté avec tremblement, qu'il pourrait servir à un avertissement et à la garde prudente de la sainteté ».

[5] Tels que le Crédo Athanasien Quicumque , dont les paroles d'ouverture sont comme un renversement du gant de l'indifférentisme et de l'universalisme : « Quiconque sera sauvé, il faut avant tout qu'il ait la Foi Catholique. À l’exception de laquelle foi, si chacun ne la garde pas entière et sans tache, il périra sans doute éternellement ».

[6] Nous voyons souvent la même chose dans les versions édulcorées des prières traditionnelles qui sont utilisées dans de nombreux cours de catéchisme aujourd'hui. Je suis tombé sur un acte de contrition dans une salle de classe de catéchisme qui se lisait plus ou moins comme suit : « Mon Seigneur, je suis désolé pour mes péchés. Aide-moi à vivre comme Jésus et à aimer tous ceux que je rencontre. Amen ». Une prière de ce genre n'exprime pas convenablement ni la contrition parfaite ni la contrition imparfaite. Comparez-la avec l'une des versions traditionnelles de l'Acte de Contrition : « Ô mon Dieu, je suis sincèrement désolé de t'avoir offensé et je déteste tous mes péchés parce que je redoute la perte du Ciel et les douleurs de l'enfer, mais surtout parce que ces péchés t'ont offensé, mon Dieu, qui est tout bon et qui mérite tout mon amour. Je décide résolument, avec l'aide de Ta Grâce, de faire pénitence, de ne plus pécher et d'éviter tout ce qui me conduit au péché. Amen ».