dimanche 21 janvier 2018

La poussée pour une plus grande
acceptation des unions homosexuelles
se poursuit dans l'Église Allemande




Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 19 janvier 2018


Depuis le début de l'année, il semble y avoir une intensification de l'activité Progressiste au sein de l'Église Catholique en Allemagne afin de libéraliser l'enseignement de l'Église et son évaluation de l'homosexualité. Comme si un barrage s'était rompu, une initiative en suit rapidement une autre. Il semble que l'Allemagne devienne le pays guide sur cette question, tout comme la région Amazonienne pourrait devenir le leader de la réforme des prêtres mariés, dans le sens d'une « Église décentralisée », comme l'a récemment souligné le théologien Progressiste, le Père Paul Zulehner. L’avenir nous en dira plus. Laissez-nous pour l'instant relater certaines de ces nouvelles déclarations Allemandes ici.

Dans le numéro de janvier du journal Catholique Allemand Herder Korrespondenz, il y a une interview avec le Cardinal Reinhard Marx. En tant que Président de la Conférence Épiscopale Allemande et conseiller pontifical, Marx proposa à l'Église Catholique de repenser son enseignement sur la morale sexuelle dans un tel cas, il s'opposait au « rigorisme aveugle ». Pour lui, il est « difficile de dire de l'extérieur que quelqu'un est en état de péché mortel ». Marx a appliqué cette déclaration non seulement aux hommes et aux femmes en « situation irrégulière », mais aussi à ceux qui vivent une relation homosexuelle, en disant qu'il doit y avoir « un respect pour une décision prise en toute liberté » et à la lumière de sa « conscience » ; il a ajouté qu'on doit aussi « écouter la voix de l'Église ».

Peu de temps après la publication de cette nouvelle ( déjà quelques jours avant le début de la nouvelle année, le 27 décembre 2017 ) — et après que le site d'information officiel des Évêques Allemands ait immédiatement rendu compte de cette déclaration de Marx — il est venu un appel important à bénir des couples homosexuels qui avait été publié dans une interview, le 10 janvier, donnée par le Vice-Président de la Conférence Épiscopale Allemande, Mgr Franz-Josef Bode, d'Osnabrück. Bode a ensuite déclaré qu'il serait important de discuter de toute cette question, en ajoutant :

« Nous devons réfléchir à la question de savoir comment évaluer, de manière différenciée, une relation entre deux personnes homosexuelles. [...] N'y a-t-il pas beaucoup de positif, de bon et de juste qu’il nous faut être plus justes ? »

Trois jours plus tard, le 13 janvier, le site des Évêques Allemands Katholisch.de a publié une interview avec le Professeur Benedikt Kranemann, spécialiste de la liturgie au département de théologie Catholique de l'Université d'Erfurt. Kranemann est également conseiller de la Conférence Épiscopale Allemande. Dans cette interview du 13 janvier, ce professeur Allemand a carrément déclaré que, jusqu'à présent :

« Il n'y a pas encore eu de véritable discussion théologique dans l'Église Catholique sur la forme rituelle d'une telle promesse salvifique [ sic ] de la part de Dieu — parce que c'est ce que représente une bénédiction — qui pourrait être exprimée pour ces couples [ homosexuels ].

Kranemann a ajouté que : « Je trouve théologiquement problématique si l'on fait dépendre une bénédiction à partir de l'appréciation morale de la conduite humaine ». Pour étayer son argumentation, il a mentionné la bénédiction des voitures « où les conducteurs reçoivent une bénédiction indépendamment de leur façon de conduire ». Selon Kranemann, la bénédiction d'un couple homosexuel n'est pas nécessairement un premier pas qui conduit ensuite à un sacrement. « Les bénédictions sont multiples ; certains conduisent à des sacrements, d'autres non ».

Comme s'il parlait d'un « droit humain à une bénédiction », Kranemann explique plus loin :

« Je considère que c'est théologiquement problématique si l'on refuse une telle bénédiction aux personnes qui la considèrent comme nécessaire. Les gens ont aussi le droit que la grâce de Dieu leur soit étendue, comme l'a expliqué le théologien pastoral Ottmar Fuchs dans ses études récentes ».

À la fin de cette interview, le Professeur Kranemann salue Mgr Bode pour sa propre initiative, en disant : « Et je pense qu'il est bon que Mgr Bode — pas moins que le Vice-Président de la Conférence Épiscopale Allemande — pousse ce sujet maintenant ».

Quatre jours après cette interview de Kranemann, le 18 janvier, le Professeur Stephan Goertz a exprimé sa propre voix en faveur des unions homosexuelles dans l'Église Catholique. En écrivant pour la section de religion du célèbre journal Allemand Die Zeit, Christ & Welt, Goertz intitule son article : « Louez la chance, frères ! » Comme on peut s'y attendre, Katholisch.de a publié un rapport sur ce nouvel article et l’a même présenté un jour avant la date de publication officielle.

Goertz est professeur de théologie morale à l'Université de Mayence et est un partisan connu de l'assouplissement de l'enseignement de l'Église Catholique sur la moralité sexuelle. Déjà en 2015, il se demandait si les unions homosexuelles ne pouvaient pas avoir un « caractère sacramentel ». Il venait alors de publier un livre intitulé : « Qui suis-je pour juger ? L’homosexualité et l'Église Catholique ». Maintenant, en 2018, Goertz voit beaucoup de mouvement ( progressiste et favorable ) au sein de l'Église Catholique en ce qui concerne ce sujet. Il souligne les trois récentes déclarations du Cardinal Marx, de Mgr Bode ainsi que de Mgr Heiner Koch, Archevêque de Berlin ( qui a déclaré en 2017 que « la cohabitation homosexuelle peut être valorisée par d'autres arrangements institutionnels sans s’ouvrir à l'institution légale du mariage » ) ; et il dit que ces déclarations ont « attiré l'attention ». Goertz voit qu'il est « légitime que l'Église Catholique en vienne au 21ème siècle à une nouvelle évaluation des relations homosexuelles ». Trop longtemps, ajoute-t-il, l'Église a eu une « attitude rigoriste » envers l'homosexualité. « Maintenant, sous le Pape François, il y a eu un changement ». Selon Goertz, l'Église se fie désormais davantage à la compétence morale et au jugement du peuple. Avec un regard plein d'espoir, il prédit que l'Église devra changer son point de vue à ce sujet et reconnaître « le bien et le droit » dans les relations homosexuelles et que « l'étroitesse à faire affaire avec les aidants homosexuels ( hommes et femmes ) prendrait fin ».

Comme l'a dit un observateur Catholique Allemand, jusqu'à présent aucun Évêque Allemand n'a fait de sortie pour résister à l'une de ces initiatives de libéralisation récentes telles que promues par la Conférence Épiscopale Allemande.

Il est important de noter ici qu'il existe des liens entre ces nouvelles initiatives progressistes concernant l'homosexualité et celles concernant la contraception. Comme l'a récemment montré Edward Pentin, deux des conférenciers à une série de conférences sur « repenser Humanae Vitae » organisée par l'Université Grégorienne de Rome - le Père Maurizio Chiodi ( qui prétend maintenant que la contraception pourrait parfois être nécessaire ) et le Père Miguel Yanez — tous deux ont également participé à la présentation d'un livre édité par le Professeur Goertz ( avec Caroline Witting ). Comme le dit si bien Pentin, dans ce nouveau livre de Goertz « on prétend qu'Amoris Laetitia représente un changement de paradigme pour toute la théologie morale et surtout pour l'interprétation de Humanae Vitae ».

Rappelons aussi ici que c'est à cette même université Romaine — l'Université Grégorienne — qu'a eu lieu, en mai 2015, le controversé « concile de l'ombre » ou « Journée d'étude » qui, organisé entre autres par les Évêques Allemands, semble avoir préparé le chemin pour Amoris Laetitia, ainsi que pour le changement dans d'autres domaines de l'enseignement moral de l'Église. L'un des intervenants de cet événement, le Professeur Anne-Marie Pelletier de Paris, France, avait entre-temps reçu l'honneur d'être invitée par le Pape François à écrire les Méditations pour le Chemin de la Croix de 2017 à Rome.

Ainsi, nous continuerons à porter un témoignage véridique face à la destruction complète de l'édifice moral de l'Église Catholique, encouragé par le Pape François dans son Exhortation post-synodale Amoris Laetitia, et critiquée avec discernement par le Professeur Josef Seifert en tant que « bombe atomique morale » potentielle.