lundi 29 janvier 2018

Abondance de nouvelles quotidiennes
Pro Liturgia — du 26 janvier au 29 janvier 2018


Lu chez Pro Liturgia sous l'onglet ACTUALITÉS du 29 janvier 2018

L'ACTUALITE DU JOUR

* * * * NOUVEAU Lundi, 29 janvier 2018. D’un jeune internaute : « Dans une perspective traditionnelle - “normale”, devrait-on écrire - la liturgie est vue comme une réalité qui concerne tout l’homme (esprit, coeur, corps) mais dont le principe unifiant se trouve en dehors de lui : c’est Dieu. Répétons-le : le principe unifiant de la liturgie et la raison d’être de la liturgie, c’est Dieu ! Pas le célébrant, pas la chorale, pas l’animateur, pas l’assemblée... Dieu et Lui seul.

Donc, la liturgie ne peut être vraie et fructueuse que si elle est tout entière tournée, orientée, focalisée vers cette réalité suprême qu’est l’Etre divin.

La célébration “versus orientem” exprime cette “connexion” de la liturgie avec Dieu, tous - ministres de l’autel comme fidèles - étant tournés dans la même direction, c’est-à-dire vers ce monde invisible dont parle le “Credo”, vers cette Jérusalem céleste vers laquelle nous tendons.

Dans une perspective moderne au contraire - cette perspective moderne qui fait dépérir le christianisme dans nos propres paroisses - la liturgie n’est plus conçue comme cet organisme vivant dont Dieu est le principe d’animation. Les célébrations qu’on ose encore appeler “liturgiques” ne sont plus qu’un ensemble disparate de rites résiduels qui ne sont que des conventions dont on ne discerne plus ni l’harmonie générale ni l’équilibre d’ensemble et, par conséquent, que l'on peut modifier, amputer, réaménager, réinventer à sa guise. C’est le cas, par exemple, des vêtements liturgiques : comme on ne comprend plus leur signification symbolique, on les considère comme quelque chose d’accessoire que l’on met (ou pas) par habitude et non plus pour ce qu’ils expriment : une aube sac vaut aussi bien une gandoura mal ajustée qu’une chasuble... De même pour l’autel : peu importe sa forme et la place qu’il occupe puisqu’il n’est plus qu’un meuble permettant au célébrant de se mettre en scène ou servant de pupitre aux musiciens à l’occasion d’un concert.

La liturgie, ainsi transformée en chantier permanent, composée de rites disparates vidés de leur signification et de leur cohésion les uns avec les autres, n’apparaît plus que comme un corps disloqué - et donc comateux - que les équipes “d’animation” tentent vainement de “réanimer” à l’aide d’artifices qui, en réalité, achèvent de le détruire.

Autre approche : dans les célébrations actuelle organisées par des pasteurs qui se savent plus très bien ce qu’ils font et qui ils sont, on constate souvent qu’il y a une dysharmonie entre la liturgie et l’édifice qui lui sert d’écrin ; l’édifice, en effet, n’est souvent vu que comme une simple “salle de célébration-rencontre” (donc interchangeable avec une salle polyvalente, une salle de spectacle...) alors que dans une perspective traditionnelle, l’église est vue comme le “Temple sacré” qui par sa forme, son architecture, son aménagement intérieur etc. fait partie intégrante de la liturgie. L’atmosphère de l’église prépare et prolonge la liturgie : elle doit imposer le silence et une tenue digne. D’une certaine manière, on peut dire que si le grégorien est la liturgie faite chant, l’art roman (ou gothique...) est la liturgie faite espace.

Dans la liturgie orthodoxe, la forme de l’édifice est fondamentale et l’iconostase y joue un rôle fondamental. L’édifice tout entier est vu comme une image du cosmos dont Dieu, représenté par un Christ pantocrator au sommet de la voûte de la coupole, est la réalité suprême ; l’iconostase représente le voile qui nous sépare des réalités invisibles. Tantôt les portes sont fermées et l’édifice est plongé dans l’obscurité : le peuple est dans la nuit et ne “voit” Dieu qu’à travers les lumières de la foi ; puis les portes s’ouvrent et le sanctuaire avec l’autel apparaît, baigné de lumière, les volutes d’encens montant vers le ciel : c’est “l’apocalypse”, c’est-à-dire une anticipation de la révélation ultime conduisant le peuple à communier avec son Dieu dans la Jérusalem d’en-haut. Le prêtre, c’est le Christ qui sort du sanctuaire pour aller vers son peuple et le convier au festin des noces éternelles ; les diacres et les ministres d’autel évoquent les créatures célestes qui servent devant le throne du Tout-Puissant et glorifient sa majesté...

C’est ainsi que l’édifice, les vêtements liturgiques, les cierges, les icônes, l’encens, les chants, les ministres eux-mêmes, l’accomplissement des rites, le hiératisme... sont les parties constituantes d’un tout qui se nomme “Divine Liturgie” et qui, par le biais de réalités visibles mais soustraites du profane, fait entrer le fidèle dans le monde invisible en le plongeant dans le mystère même du Christ glorifié.

En fait, pour comprendre la liturgie et éviter de la célébrer n’importe comment, il faut lire les Ecritures : le Livre d'Isaie, l’Epître aux Hébreux et bien sûr le Livre de l'Apocalypse. C’est parce qu’on a oublié que la source du culte rendu à Dieu se trouve dans la Tradition exprimée dans les Ecritures que la liturgie est progressivement entrée dans un processus de décadence qui a atteint aujourd’hui son paroxysme.

Il faut cependant garder espoir : certes, les liturgies orthodoxes nous révèlent douloureusement, par comparaison, à quel point nous nous sommes éloignés d’un culte vrai et authentique ; mais en même temps, elles nous montrent qu’il est possible, aujourd’hui, de mettre en oeuvre de façon aussi digne et authentique notre liturgie romaine. La liturgie que nous recherchons dans nos paroisses où l’on se réclame du Concile n’est pas une utopie : on le voit avec le monde orthodoxe, dans lequel ce niveau liturgique est la norme ; on l’a vu à Villars-les-Dombes le jour de la Toussaint ; on le voit dans certaines abbayes...

La tâche est immense, mais elle n'est pas insurmontable. De toute façon, avec le temps il apparaîtra de plus en plus clairement que nous n’avons pas le choix : soit nous mettons en œuvre le missel actuel en nous appuyant sur l’authentique et saine tradition liturgique, soit nous fermons définitivement nos églises et nous disparaissons. »

* * * * Dimanche, 28 février 2018. Quelques chiffres (arrondis) montrant l’excellente santé (!) de l’Église-qui-est-en-France :

Nombre de baptêmes : 472 000 en 1990 ; 262 000 en 2015.
Nombre de confirmations : 91 000 en 1990 ; 43 000 en 2015.
Nombre de mariages : 147 000 en 1990 ; 55 000 en 2015.
Nombre de prêtres diocésains : 25 000 en 1990 ; 11 000 en 2015.

Heureusement, nous savons (parce qu’on nous l’a répété) que moins les fidèles sont nombreux, plus leur foi et leurs motivations sont solides. On comprend mieux pourquoi nos pasteurs s'emploient à décourager les pratiquants.

* * * * Dimanche, 28 février 2018. D’un jeune internaute : « J’ai vu les images (consternantes, comme pour tout ce qui concerne l’Église de France) du nouvel autel de la basilique de Saint-Denis (voir ci-dessous).

Première réaction : on dirait un aquarium pour salle d’attente de cabinet médical ! En voyant les images, on s’attend à voir apparaître des poissons rouges dans la partie en verre. Il manque encore un scaphandrier qui fait des bulles. C’est grotesque.

Toujours le même problème : comme nos Évêques ne comprennent plus le sens de ce qu’ils font, ils s’imaginent que pour attirer les fidèles, il est obligatoire de paraître “original”, “anticonformiste”, “farfelu”. Six années de théologie pour y arriver ! Donc, on construit des édifices, des autels, et on utilise des ornements liturgiques qui correspondent à la lubie du moment mais qui seront périmés dans dix ans et prêteront à rire dans vingt.

Il faut quand même avouer que cette dérive est très ancienne en Occident. Il suffit de voir la succession des “modes” et des “styles” : roman, gothique, gothique flamboyant, classique, baroque, néo-classique, néo-gothique, sulpicien, etc. Il y a une sorte d’instabilité qui est consubstantielle à l’Occident. Le pire étant les églises qui, du fait des multiples transformations pas toujours harmonieuse, perdent leur unité comme ce fut le cas après Vatican II quand on a imposé les autels “face au peuple” placés en avant des sanctuaires. Chez les orientaux au contraire, peu ou pas de modes : ce sont l’unité et la stabilité qui priment et traversent les siècles. »

* * * * Dimanche, 28 février 2018. A l’église Saint-François de Molitor, dans le XVIe arrondissement de Paris, on fait la quête avec des “paniers connectés” contenant un lecteur de CB relié à un smartphone.

Décidément, dans l’Église-qui-est-en France, le clergé qui a définitivement perdu le sens de la liturgie fait tout ce qu’il faut pour inciter les fidèles qui ne veulent pas finir totalement débiles à rester chez eux le dimanche.

* * * * Dimanche, 28 février 2018. S’adressant aux membres de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 26 janvier dernier, le Pape François a rappelé que l’authentique pasteur est celui qui n’abandonne pas les fidèles dans les erreurs ou les confusions.

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi - a ajouté le Pape - doit soutenir les Évêques dans leur tâche d’enseignement en veillant à sauvegarder la foi et la sainteté des sacrements.

Ah, Saint-Père ! Si seulement vous commenciez à appliquer vous-mêmes ces bons conseils que vous donnez aux autres, vous veilleriez à effacer sur-le-champ les ambiguïtés contenues dans “Amoris laetitia” et vous ne célébreriez pas des mariages à la va vite dans la carlingue d’un avion. Vous prendriez aussi des mesures concernant certains membres du clergé - souvent proches de vous - supposés avoir eu des comportements pour le moins problématiques.

Réaction d'une fidèle : « Il y a deux François : celui qui lit les textes (orthodoxes) que les bureaux lui préparent et auxquels il n’accorde aucune importance et celui qui parle à titre personnel (déclarations fantaisistes mais qui plaisent et sont répercutées). Il fait, en général, tout autre chose que ce que lui dictent les bureaux. »

* * * * Dimanche, 28 février 2018. Message envoyé par un jeune internaute actuellement en Lituanie : « Aujourd’hui, j’ai pu aller à Kaunas. Je me suis rendu à l’une des principales églises orthodoxes de la ville pour assister à l’Office des Vigiles du samedi soir. Office splendide de beauté, de naturel, d’harmonie. Comme d’habitude, le ministre remplit parfaitement sa fonction liturgique, ni plus ni moins. Et, alors qu’il ne s'agissait que d’un simple Office comme il y en a tous les samedi soirs, il y avait une chorale en tribune qui chantait à merveille les chants liturgiques byzantins. En France, même pour les Offices de Noël ou ceux de Pâques, on n’atteint pas le demi du quart de ce niveau là. Dans le monde orthodoxe, le soin respectueux apporté à la liturgie est pour ainsi dire banal, au sens de normal, évident.

Immédiatement après cet Office, je me suis rendu à la cathédrale catholique pour assister à la messe anticipée et pouvoir communier. Une célébration sans abus particulier mais... entièrement en lituanien. Un mot d’accueil beaucoup trop long, comme eux qu’on entend habituellement en France. Des chants mièvres en lituanien en lieu et place du chant liturgique.

Au cours des deux Offices auxquels j’ai assisté cette après-midi là, je n’ai pas compris un traitre mot de ce qui était dit. Et pourtant, l’Office orthodoxe m’a paru incomparablement plus beau, plus priant, plus profondément “connecté” au mystère divin que l’Office catholique. Dans le premier, j’ai pu prier, contempler, adorer alors que dans le second... beaucoup moins pour ne pas dire à peine. On voit donc que ce n’est pas la compréhension de la langue qui pose problème mais la mise en œuvre de la liturgie elle-même.

Quand j’assiste à un Office dans une église orthodoxe, je me sens bien. Quand j’assiste à un Office dans un monastère bénédictin traditionnel comme Flavigny, Fontgombault, Kergonan, Solesmes... je me sens bien. Mais quand j’assiste à une messe dans une paroisse catholique quelconque, même quand il n'y a pas d’abus liturgique particulier, je sens toujours qu’il manque quelque chose, qu’il y a quelque chose de faux, d’artificiel, de pas en place... N’est-ce qu’une impression subjective, exprimant ma “sensibilité” comme on aime à dire aujourd’hui ? Ou bien est-ce la conscience aiguë d’une réalité objective, à savoir que l’immersion dans la liturgie mise en œuvre de façon traditionnelle, qu’elle soit latine ou orientale, possède une puissance, une force spirituelle que l’approche modernisante est, elle, incapable de transmettre ?

Il est décidément urgent que notre clergé se remette très sérieusement en cause. Evidemment, le piège serait de vouloir importer artificiellement des éléments des liturgies orientales dans le rite latin. Or, il ne s'agit pas de faire “comme les orthodoxes”, comme si nous n’avions pas, nous, catholiques de rite romain, une tradition propre d’une grande richesse ; il s’agit plutôt de puiser à pleines mains dans notre propre héritage pour mettre en oeuvre notre propre liturgie de manière à atteindre le niveau des célébrations que l’on peut trouver chez les orthodoxes. Et pour obtenir cela, une chose est sûre : il faut impérativement rompre avec ces messes “face au peuple” qui déforment gravement le sens profond de la liturgie ; rompre avec ces pseudo-célébrations au cours desquelles le rite est remplacé du début à la fin par un verbiage inconsistant, et la contemplation du Célébré par le bavardage du célébrant ; rompre avec les cantiques qui ne servent qu’à meubler des célébrations plates, indigentes, privées de sacré et de silence... Il faut retrouver le sens du vrai, du beau, du bien, de la prière authentique et de la fidélité à la Tradition chrétienne immémoriale. Vaste programme que nos Évêques semblent malheureusement incapables d’envisager tant le sens véritable de la liturgie leur échappe totalement. »

* * * * Dimanche, 28 février 2018. Coup de gueule : « Ras le bol de ces “mots d’accueil” que je dois subir dès que je vais à une messe. Le “mot d’accueil”, qui n’est pas prévu dans le déroulement de la liturgie romaine, fait dégringoler les célébrations au niveau du discours d’un quelconque élu local inaugurant la foire à aux rillettes. Ça n’a aucun intérêt. Quand je vais à la messe, ce n’est pas pour entendre le célébrant - ou l’animatrice locale - me souhaiter la bienvenue : je vais à la messe en souhaitant que le célébrant se taise, se fasse le plus discret possible pour que je puisse, moi, accueillir le Seigneur, lui souhaiter la bienvenue et l'entendre me parler.

Malheureusement, j’ai rarement l’occasion d’entendre le Seigneur : le célébrant lui coupe la parole dès les premières minutes de la célébration.

Je demande donc instamment aux prêtres de cesser de jouer aux hôtesses d’accueil et de, supprimer les “mots d'accueil” et tous les baratins non prévus par la liturgie, afin que nous soit restitué le silence, du début à la fin de la messe. »

* * * * Samedi, 27 janvier 2018. Message du Pape François à l’occasion de la Journée Mondiale des Communications :

« Pour discerner la vérité, il est nécessaire d’examiner ce qui favorise la communion et promeut le bien et ce qui, au contraire, tend à isoler, diviser et opposer. La vérité, par conséquent, ne s’acquiert pas vraiment quand elle est imposée comme quelque chose d’extrinsèque et d’impersonnel ; elle découle au contraire de relations libres entre les personnes, de l’écoute réciproque. En outre, on ne cesse jamais de chercher la vérité, parce que quelque chose de faux peut toujours s’insinuer, même en disant des choses vraies. Un argument impeccable peut en fait reposer sur des faits indéniables, mais s’il est utilisé pour blesser quelqu’un et pour le discréditer aux yeux des autres, aussi juste qu’il apparaisse, il n’est pas habité par la vérité. A partir des fruits, nous pouvons distinguer la vérité des énoncés : s’ils suscitent la controverse, fomentent les divisions, insufflent la résignation ou si, au contraire, ils conduisent à une réflexion consciente et mûre, au dialogue constructif, à une dynamique fructueuse ».

Essayons d'y voir clair dans les enseignements du Pape François : la vérité n’existe pas en tant que telle. Par conséquent, quand Jésus se présente en disant “Je suis la Vérité”, il énonce quelque chose qui n’a pas de sens. Et puisque la vérité n’existe pas en tant que telle, il faut la construire par le dialogue. Mais pas par n’importe quel dialogue : uniquement par un échange de banalités qui « favorisent la communion » et « ne blessent pas ». Il va donc falloir changer le Catéchisme de l’Église catholique qui enseigne que « la vérité est garantie par Dieu » (n.144) et qu’elle ne se construit pas au jour le jour selon l’humeur du moment ou les propos échangés.

* * * * Samedi, 27 janvier 2018. Message envoyé par un internaute : « Aux deux publications de ce jour sur le site “Pro Liturgia” qui reste toujours d’une aussi agréable lecture, j’ai envie de d’apporter deux commentaires :

1. En ce qui le récit de l’internaute qui regrette de ne pas avoir eu de réponse à la lettre adressée à son curé, je dirais que l’absence de réponse des ecclésiastiques aux lettres ou courriels qui leurs sont adressés semble être devenue une règle absolue.

2. L’Evêque de Saint-Denis aurait été bien inspiré, au lieu de dépenser une fortune pour un nouvel autel et un nouvel ambon à la plastique discutable, de faire quelque chose pour la chapelle du Saint-Sacrement de la basilique qui est tout simplement minable.

Je m’y suis rendu il y a environ deux ans et j’ai été scandalisé par la médiocrité et la saleté du lieu qui laissait supposer une sorte de mépris, ou au mieux de désinvolture, pour les choses sacrées. (...) »

* * * * Samedi, 27 janvier 2018. D’une internaute : « Il ne faut jamais parler mal de l’autre, dit le Pape. C’est très bien, mais dans les paroisses c’est ce principe qui fait qu’on ne critique jamais rien et qu’on gobe tout ce qu’on nous impose, de peur de faire de la peine à tel ou tel, lequel peut être le curé lui-même. Idem dans l’Église. Il est certain que si l’on critique telle façon de faire (et non la personnalité d’un intervenant), même sans donner de noms, les personnes visées se sentiront offensées personnellement et auront rarement assez d’humilité pour rectifier le tir. C’est plutôt le ressentiment qui prévaudra !

On pratique donc une “charité sans vérité” qui est le poison des paroisses.

Parfois, on nous répond (quand on nous répond) que puisque nous ne sommes pas contents, nous n’avons qu’à faire nous-mêmes - comme si nous étions compétents pour tout - et on nous fait savoir que les personnes font, elles, preuve d’une “bonne volonté” dont nous ne pouvons pas nous prévaloir nous-mêmes.

Parfois, ce serait pourtant assez simple de rectifier le tir : il suffirait de s’abstenir de tomber dans certaines simagrées n’apportant rien ni à la liturgie, ni à la vie de la paroisse. Et pour s’abstenir, point n’est besoin d’avoir une grande compétence.

La parole est actuellement complètement verrouillée par le “il ne faut pas faire de peine à l’équipe X ou Y ou à Untel qui est si dévoué”. Il est donc interdit de parler, sous peine d’ostracisme. Et quand on est catalogué, il n’y a plus la moindre aménité.

C’est ainsi que j’ai écrit au curé de ma paroisse, il y a une semaine, pour critiquer poliment une certaine séance trimestrielle, située avant la messe dominicale, qui aurait pu être fructueuse sans l’intervention d’un pseudo-théologien qui nous a harangués comme un tribun politique et qui ne nous a rien appris. J’ai dû commettre un sacrilège contre un “copain” de l’Évêque et du curé car je n’ai reçu aucune réponse. Dans l’Église composée de clercs qui demandent aux laïcs d’oser une “parole forte”, il est interdit de parler. Il faut tout gober passivement. »

* * * * Samedi, 27 janvier 2018. Selon le Cardinal Eijk, archevêque d’Utrecht (NL), « “Amoris Laetitia” est un document qui sème le doute : les divorcés remariés civilement ou vivant en union libre peuvent-ils, oui ou non, recevoir la communion ? Ce qui est autorisé à tel endroit ne peut pas être interdit dans un autre. A un moment donné, il faut de la clarté. »

* * * * Samedi, 27 janvier 2018. Bénédiction d’un nouvel autel pour la basilique de Saint-Denis :

    - l’autel qui devrait être en hauteur ne l’est pas ; par contre, les concélébrants, eux, le sont ;
    - un Évêque sans diacre, sans service d’autel à la hauteur de la liturgie ;
    - ni croix, ni cierges sur l’autel ;
    - des concélébrants qui se tiennent comme s’ils attendaient sur un quai de gare le passage d’un TGV ;
    - un autel qui ferait un magnifique vitrine d’exposition dans l’espace de spa d’un hôtel quatre étoiles.

Ça tiendra ce que ça tiendra...



* * * * Vendredi, 26 janvier 2018. Dans l’homélie qu’il a faite ce matin au cours de la messe célébrée à Sainte-Marthe, François a critiqué ceux qui, au sein de l’Église, colportent des faux témoignages.

« La foi - a dit le Pape - doit être transmise avec le témoignage qui donne force à la parole. En voyant les premier disciples, les gens disaient : “Voyez comme ils s’aiment.” Or aujourd’hui, dans beaucoup de paroisses, on entend ce que disent les fidèles au sujet des uns et des autres... Alors, au lieu de dire : “Voyez comme ils s’aiment”, on a plutôt envie de dire : “Voyez comme ils sont heureux de pouvoir s’agresser, de pouvoir diffuser des faux témoignages et des calomnies. » Et d’ajouter : « Non. Le vrai chrétien ne parle jamais mal de l’autre. Il fait un travail de charité. »

Belle homélie, n’est-ce pas ?

Sauf que lors de son récent voyage au Chili, lorsque des victimes d’un prêtre pédophile ont accusé Mgr Barros d’avoir protégé le prêtre en question, François les a traité de menteurs et des calomniateurs en ajoutant : « Apportez-moi des preuves et j'agirai.” Il est normal de vouloir des preuves. Notons cependant que dans d’autres situations récentes, François a chassé des Évêques et des Cardinaux sur la base de simples rumeurs ou de commérages circulant dans les couloirs du Vatican.

Comprenne qui pourra.

* * * * Vendredi, 26 janvier 2018. Sous la forme d’un opuscule de 45 pages publié par les éditions de Chiré (www.chire.fr), Bernard Gantois adresse une lettre ouverte au Pape François. Dans le prologue, l’Auteur se présente comme un « catholique perplexe qui ne comprend pas bien comment les discours [du Pape], ses déclarations, intervention et commentaires divers contribuent au développement et à l’expansion du catholicisme, mission essentielle, voire unique, confiée par le Christ aux apôtres et à leurs successeurs. »

En se basant uniquement sur les propos officiels du Pape, Bernard Gantois relève la faiblesse des discours abordant l’islam ainsi que la réforme protestante, un peu comme si François ignorait tout des enseignements du Coran ou de l’histoire du schisme initié par Martin Luther et conduisant vers la dissolution de la vie sacramentelle ainsi que du sacerdoce ministériel.

Bernard Gantois passe ensuite à une analyse de “Laudato Si’ ” et ne cache pas qu’il découvre dans ce document - preuves à l’appui - tous les ingrédients que peuvent utiliser ceux qui rêvent d’un gouvernement mondial dans lequel tout pourrait s’acheter à condition d’en avoir les moyens : le pouvoir et les plaisirs, les plaisirs abrutissants organisés par ceux qui détiendraient le pouvoir. Avec “Laudato Si’ ”, les multinationales ont désormais une belle feuille de route. Quant aux individus, ils ne pourront qu’accepter d’être exploités.

Quelques pages plus loi, Bernard Gantois accuse François d’avoir lâché une bombe atomique dans l’Église lorsqu’il a déclaré que « les conséquences et les effets d’une norme ne doivent pas être nécessairement toujours les mêmes. » Autrement dit, les commandements divin doivent être flexibles pour pouvoir apparaître tantôt vrais, tantôt faux : vrais et faux à la fois, en fonction du diktat du relativisme ambiant.

Un autre chapitre de la “Lettre ouverte” est consacré au “décodage” des propos de François. Bernard Gantois remarque en premier lieu que le Pape est très avide de soigner son image, principalement à travers un film sorti en 2016. Le problème - toujours selon Gantois - est que ce film garde le silence sur l’appartenance du jeune Jorge Bergoglio, de 1960 à 1974, aux organisations péronistes et marxistes de son pays. Autre silence sur le financement du film et sur les réelles motivations financières d’une telle production. On attend d’ailleurs la sortie d’un nouveau long métrage - “Le Pape François : un homme de confiance” - réalisé par Wim Wenders, un catholique passé au protestantisme version presbytérienne. Nouveau motif de stupéfaction des fidèles...

Arrive la conclusion de la “Lettre ouverte”. Une fois encore, à l’aide de documents probants, Bernard Gantois montre que François exploite et conforte une Église tombée dans la politique la plus terre à terre pour s’adapter à un monde ravagé par l’athéisme, l’individualisme et son enfant naturel, le matérialisme. Et d’ajouter : « Il serait urgent pour l’Église, à mon sens, d’appliquer cette autre parole du Christ : “Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu” (Mc 12, 17) et laisser César s’occuper des migrants, de l’économie et des autres affaires d’ici-bas. Son travail, pauvre César, serait d’ailleurs grandement facilité si l’Église faisait le sien dans le domaine spirituel. »