dimanche 21 janvier 2018

Abondance de nouvelles quotidiennes
Pro Liturgia — du 15 janvier au 21 janvier 2018


Lu chez Pro Liturgia sous l'onglet ACTUALITÉS du 21 janvier 2018

L'ACTUALITE DU JOUR

* * * * NOUVEAU Dimanche, 21 janvier 2018. Au cours de son voyage latino-américain, le Pape François a tenu, au sujet des cas d’abus sexuels, des propos qui ont été jugés choquants. Quand a été évoqué le cas de Mgr Juan Barros, nommé Évêque par François lui-même, le Pape a répondu : « Tout cela, c’est de la calomnie. Est-ce clair ? » Même le cardinal Sean O’Malley en a été choqué et a déclaré ne pas pouvoir expliquer pourquoi François avait tenu de tels propos alors qu’il était bien au courant de l’inconduite de ce membre du clergé et des conséquences pour les victimes.

La chaîne de télévision suisse SRF a, pour sa part, rappelé que Mgr Barros avait couvert pendant des décennies les abus sexuels sur des mineurs par un membre du clergé. Toujours selon SRF, les Catholiques et les non-Catholiques considèrent qu’il est prouvé que l’Église du Pape François n’est pas disposée à confier les témoignages des victimes au jugement d’une cour pénale ordinaire.

Quant à la télévision chilienne, elle a donné la parole à une victime qui a déclaré : « Après le départ du Pape, il y aura sûrement moins de Catholiques qu’avant le début de sa visite ».

Enfin, sur le portail “Vatican News”, le rédacteur Stefan von Kempis annonce un succès très mitigé du voyage de François : « Beaucoup moins de personnes sont venues aux réunions avec le Pape que les organisateurs ne l’avaient prévu ». Et d’ajouter que « même les jésuites avaient publiquement exhorté Mgr Juan Barros à démissionner ou du moins à rester à l’écart des scènes papales. Or, l'Évêque est apparu lors d’une rencontre avec le Pape ainsi que lors des concélébrations à Temuco, dans le sud, et à Iquique au Nord, comme pour montrer aux fidèles qu’il était le personnage le plus apprécié du Pape ».

Quand donc le Pape François se décidera-t-il a écouter d'autres voix que la sienne et celles de ses courtisans ?

* * * * NOUVEAU Dimanche, 21 janvier 2018. Le prêtre qui veut mettre la liturgie en œuvre comme elle doit l’être, afin d’en faire un moyen efficace de conversion, doit avant tout apprendre à ne pas paraître en étant actif, mais à être en en se comportant comme le serviteur attentionné qui ne se fait pas remarquer. Le maître-mot est ici “humilité”, car l’humilité est le courage de vivre pour la vérité et non pour l’image qu’on veut donner de soi.

* * * * NOUVEAU Dimanche, 21 janvier 2018. Dans les églises de France où l’on prétend être fidèle à la restauration du rite romain voulue par le concile Vatican II, il existe désormais trois grandes catégories de liturgie :

1. Les parodies de liturgie : elles sont le fait de groupes de fidèles réunis autour de célébrants qui, comme l’a écrit S. Jean-Paul II, « manquent d’un esprit de foi » indéniablement Catholique. Ces parodies, au nombre desquelles on peut mettre les messes du genre “Glorious” célébrées dans des salles de spectacles ou sous des chapiteaux de cirques, ne sont pas nombreuses mais tout de même suffisantes pour conduire les fidèles à croire que les bases de la doctrine sont, comme la liturgie, subjectives et, par conséquent, mouvantes et adaptables à souhait.

2. Les liturgies au cours desquels les rites sont respectés mais effectués dans un climat où manque l’ “ars celebrandi”. Ce sont sûrement les messes paroissiales les plus courantes aujourd’hui et il est difficile de faire comprendre à un prêtre qui s’efforce de respecter le missel romain que, en fin de compte, il lui manque cet “art de célébrer” qui ferait que ses messes seraient exemplaires et attirantes.

L’art de célébrer, c’est ce quelque chose fait de détails affectant les gestes, la tenue, les tons de voix, l’effacement des ministres de l’autel... et qui donnent à la liturgie son unité, sa cohérence, sa dignité. C’est ce quelque chose qui fait qu’une célébration n’apparaît pas comme une succession de moments ou d’étapes (entrée, pénitence, louange, lectures...) mais comme un tout équilibré et homogène où, au-delà des seuls rites, les élément composant la liturgie - gestes, paroles, regards, déplacements, chants, marque de délicatesse et de respect entre les ministres de l’autel et les acteurs de la célébration... - s’associent les uns aux autres de façon juste afin de se conjuguer et créer un ensemble comparable à une symphonie. De cet ensemble, dont l’équilibre doit toujours être recherché, naît le goût pour la contemplation, pour le silence, pour la beauté, pour le respect du sanctuaire, pour le recueillement... Bref, naît de goût de tout ce qui fait qu’une messe est un moment de paix dans lequel on se laisse couler pour ne sentir la présence que de Celui qui doit apparaître comme l’unique raison du rassemblement paroissial. Ajoutons pour finir que ces conseils s’adressent aussi aux organistes et aux choristes, dans la mesure où ils entendent mettre leurs compétences au service de la liturgie de l’Église : les bavardages à la tribune et les improvisations systématiques sur les pleins-jeux avant et après la messe, parfois à la façon d’un défoulement dominical, sont-ils ce qu’il y a de mieux pour permettre aux fidèles d’entrer dans la liturgie et d’en conserver les effets ?

3. Les liturgies où l’ “ars celebrandi” est mis en oeuvre. Ce sont elles qui respectent les orientations du Concile et les données du missel romain comprises à la lumière de la Tradition de l’Église. Elles sont malheureusement très rares car dépendantes de prêtres qui, par leur zèle pastoral, savent donner le goût de la vraie liturgie aux fidèles, qui savent leur expliquer pourquoi l’Église a choisi de faire de cette façon et non pas autrement, qui savent former les jeunes au service d’autel, qui ont le courage de dire aux membres envahissants de certaines équipes liturgique que leur place n’est pas dans le sanctuaire mais dans la nef, qui savent rappeler poliment mais fermement à leurs Évêques respectifs qu’ils sont les gardiens et les promoteurs de la liturgie de l’Église et non les inspirateurs de telle ou telle célébration fantaisiste.

* * * * Samedi, 20 janvier 2018. La vraie cause de la crise actuelle de l’Église n’est pas tant dans l’arrogance de ceux qui font la pluie et le beau temps dans les paroisses alors qu’ils ont pris leurs distances d’avec la foi Catholique, mais dans la faiblesse de ceux qui choisissent de se taire et de suivre servilement les décideurs. Ce comportement de moutons de Panurge constitue la maladie spirituelle actuelle menant à accepter des catéchèses vides ou fretalées, des messes dominicales liturgiquement souffreteuses même quand, au niveau du respect des rites, il n’y a rien à reprocher aux célébrants.

Pour de nombreux fidèles, il faut accepter ce qu’on nous donne, ne jamais critiquer le prêtre parce, précisément, c’est lui le prêtre et il pense bien faire. Irions-nous consulter un médecin qui croit bien faire alors qu’il ne maîtrise absolument son art ? Irions-nous écouter un concert donné par des musiciens qui croient bien faire alors qu’ils massacrent l’œuvre qu’ils donnent ou ne soignent pas son interprétation ?

Faut-il ne rien dire au prêtre qui célèbre la liturgie de façon approximative ou à l’Évêque qui, mis au courant des fantaisies liturgiques de certains de ces prêtres, ne leur dit rien et n’exige pas d’eux le respect des rites sacrés par lesquels se manifeste et se transmet la foi de l’Église ? La réponse à cette question nous est donnée par S. Jean-Paul II dans le Motu proprio “Ecclesia Dei adflicta” et elle est très claire : il demande à tous les fidèles Catholiques de réfléchir sincèrement sur leur propre fidélité à la Tradition de l’Église, authentiquement interprétée par le Magistère ecclésiastique, ordinaire et extraordinaire, spécialement dans les Conciles oecuméniques, depuis Nicée jusqu'à Vatican II et ajoute que « de cette réflexion, tous doivent retirer une conviction renouvelée et effective de la nécessité d’approfondir encore leur fidélité à cette Tradition en refusant toutes les interprétations erronées et les applications arbitraires et abusives en matière doctrinale, liturgique et disciplinaire ».

On a bien lu : en tant que fidèles, nous avons le devoir de refuser ce qui ne correspond pas à ce que l’Église a décidé ; n’en déplaise aux prêtres qui ne maîtrisent pas correctement la liturgie après six années passées à se former dans un séminaire.

* * * * Samedi, 20 janvier 2018. L’Église du Pape Bergoglio aime tellement les migrants qu’elle en fabrique en son sein.

Ainsi, tous les dimanches, des fidèles sont obligés de « migrer » vers des églises où ils espéreront trouver une messe au moins convenable à défaut d’être parfaite.

Et l’on apprend aujourd’hui que l’ancienne abbaye trappiste de Mariawald (D) qui connaissait un certain renouveau depuis l’action menée par Benoît XVI, sera fermée sur ordre de François : les moines devront « migrer » vers d’autres monastères où ils espèrent être accueillis.

* * * * Samedi, 20 janvier 2018. Il est faux de dire que depuis que le la liturgie est célébrée en langues courantes, les fidèles comprennent ce qu’ils disent. En fait, hormis pour les lectures, l’immense majorité de ceux qui vont encore à la messe ne fait absolument pas attention à ce qu’elle dit. Elle répète ce qu’on lui dit de dire. La preuve : les mêmes qui nous ont dit pendant des années que, grâce à l’emploi des langues courantes, “on comprenait” découvrent subitement que ce qu’il disaient et faisaient dire aux fidèles n’était pas correct du point de vue théologique. Il leur aura fallu du temps !

Alors, comme ce qu’on disait n’était pas ce qu’on aurait dû dire, ils changent : dans le “Notre Père”, l’expression « ne nous soumets pas à la tentation » a été remplacée par « ne nous laisse pas entrer en tentation ». Et prochainement, ce sera au “Je crois en Dieu” d’être relooké : la formule qui présente le Christ comme étant « de même nature que le Père » sera remplacée par le Christ « consubstantiel au Père ».

Encore un petit effort, ô doctes spécialistes de la liturgie, et vous verrez que les formules « Prions au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église / pour la gloire de Dieu et le salut du monde » et « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri » (ou “guérite” pour les féministes...) apparaissent pitoyables quand on les compare aux énoncés originaux en latin. Mais pour s’en apercevoir, il faut faire l’effort de vouloir comprendre ce qu’on dit à la messe... quelle que soit la langue employée, latin y compris.

* * * * Vendredi, 19 janvier 2018.

Jeudi dernier, 18 janvier, dans l’avion qui l’emmenait dans le nord du Chili, le Pape François a célébré l’union de Paula Podest, 39 ans, avec Carlos Ciufardi, 41 ans, lesquels vivaient en concubinage depuis plusieurs années.

Par ce geste ô combien exemplaire, notre bien-aimé Pape a voulu montrer que dans l’Église de demain dont il trace jour après jour les contours, on pourra - on devra même - se passer des règles liturgiques touchant à la célébration des sacrements.

Bref, il nous a rappelé qu’il faut toujours oser dépasser les bornes afin de pouvoir célébrer comme on veut et où on veut.

Côté positif de la chose (si l'on peut dire) : le jour où le couple battra de l'aile et voudra divorcer, il pourra toujours se prévaloir des circonstances dans lesquelles le sacrement a été célébré pour démontrer la nullité du mariage. Décidément, François pense à tout.

Prochaine étape : le mariage “façon Las Vegas” ?

* * * * Vendredi, 19 janvier 2018. « S’occuper du sort des migrants qui quittent leur pays pour en rejoindre un autre, c’est bien. Mais s’occuper du sort de ces centaines de milliers de “migrants” qui chaque jour quittent ce monde pour rejoindre l’au-delà, ce ne serait pas mal non plus, surtout quand on est prêtre, Évêque, cardinal ou Pape.

Si, comme elle le montre à travers son assourdissant silence à l’égard des fins dernières, l’Église n’est plus là pour s’intéresser au salut éternel des âmes, quelle sorte d’institution, autre que simplement philanthropique, est-elle encore ? »

* * * * Vendredi, 19 janvier 2018. Depuis un peu moins d’un mois, un synthétiseur (qualifié d’ “orgue électronique”) a été inauguré dans la basilique Saint-Pierre de Rome pour y remplacer l’orgue qui était utilisé jusqu’ici.

L’association italienne des facteurs d’orgues, a lancé une pétition (nous en avions parlé sur notre site) invitant « l’ensemble du monde culturel à exprimer ses regrets face à la présence d’un ersatz d’instrument de musique authentique au sein du sanctuaire le plus important du Catholicisme ».

De son côté, l’organiste et compositeur Aurelio Porfiri s’interroge sur cette malheureuse initiative consistant à réduire le grand orgue au silence et se demande si la prochaine étape ne sera pas la diffusion de chants enregistrés...

10 000 signatures ont d’ors et déjà été recueillies et la pétition sera adressée au cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin.

Le cardinal pourra-t-il intervenir ? Il est sérieusement permis d’en douter quand on sait que son influence au Vatican est quasi nulle et qu’il n’a pas les extraordinaires compétences liturgiques et musicales de François.

* * * * Jeudi, 18 janvier 2018. Régulièrement, il se trouve en France un Évêque qui annonce la création de « nouvelles paroisses » dans son diocèse. En réalité, de telles déclarations relèvent du bluff puisqu’en réalité, il ne s’agit pas de créer de « nouvelles paroisses » mais de nouveaux « secteurs paroissiaux », ce qui n’est pas la même chose. Dans les faits, les anciennes paroisses perdent leur caractère pour se diluer dans des machins qui n’ont de « paroisse » que le nom. Derrière cette stratégie du remplacement se cache la diminution des prêtres et des fidèles pratiquants, autrement dit l’échec criant d’une pastorale menée tambours battants depuis 50 ans. Ne faudrait-il pas savoir enfin le reconnaître ?

* * * * Jeudi, 18 janvier 2018. Très proche du Pape François, Mgr Victor Manuel Fernandez vient de publier un article dans le journal argentin “La Nacion” dans lequel il dénonce l’attitude du cardinal Sarah et du cardinal Müller qui, selon lui, agissent comme si François n’était pas Pape.

Recteur de l’université Catholique d’Argentine, archevêque “ad personam” par la grâce du Pape François, auteur d’un livre sur le baiser intitulé “Guéris-moi avec ta bouche”, Mgr Fernandez, qui ne passe pas pour un théologien, a fortement influencé la rédaction d’ “Amoris laetitia”, comme le montre la parfaite conformité de ses écrits antérieurs avec les passages les plus controversés de l’exhortation.

Il se dit à 100 % derrière les “nouveautés” du Pape François.

“Nouveauté” ? Vous avez dit “nouveauté” ? Jusqu’à présent, on nous a répété sur tous les tons qu’il n’y avait rien de nouveau sous le pontificat de François. Mgr Fernandez aurait-il perdu une bonne occasion de se taire ?

Le même Mgr Fernandez, qui ne cache pas sa joie de savoir que le cardinal Müller a été remercié par le Pape, souhaite à présent que ce soit au tour du cardinal Sarah d’être démis de ses fonctions au motif - entre autres choses - qu’il continue de proposer de recommencer de célébrer la messe dos au peuple.

On voit là que M. le Recteur de l’université d’Argentine ne connaît rien ni au Concile, ni à la liturgie. Ne serait-ce donc pas plutôt lui qu’il faudrait débarquer ?

* * * * Jeudi, 18 janvier 2018. Certains prêtres - plutôt jeunes - nous écrivent qu’ils ont abandonné la “forme ordinaire” de la liturgie au profit de la “forme extraordinaire”. Ce sont leurs motivations qui sont pour le moins curieuses. L’un d’eux écrit : « Dans le contexte actuel, l’Évêque nous fait moins d’ennuis si l’on célèbre plus ou moins en catimini selon la forme extraordinaire que si l’on veut célébrer ouvertement selon la forme ordinaire telle qu’elle est donnée dans le missel de S. Jean-Paul II, anciennement missel de Paul VI ».

Si l’on comprend bien, nombre d’Évêques qui n’ont que le mot “concile” à la bouche ne veulent surtout pas qu’on mette en œuvre, dans les paroisses, ce que le Concile a vraiment décidé.

Voilà qui rend la situation complexe et le dialogue tant prôné quasiment impossible. Voilà qui devrait faire réfléchir...

* * * * Jeudi, 18 janvier 2018. Dans son premier discours au Chili, le Pape François a présenté ses excuses pour les « dommages irréparables » causés par prêtres coupables d’abus sexuels.

Cependant, Peter Saunders, ancien membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, s’est dit insatisfait par ces paroles. « Le Pape a parlé aujourd'hui de honte, mais ce n’est pas assez », a déclaré Peter Saunders au téléphone qui a ajouté : « Il aurait pu relever [l’Évêque Juan] Barros de ses fonctions : c’eut été un geste symbolique. Les symboles sont aussi éloquents que les mots ».

Le survivant britannique des sévices faisait clairement référence à un Évêque, Mgr Barros, qui collaborait avec le père Fernando Karadima, un prêtre charismatique chilien reconnu coupable d’abus sexuel sur des mineurs et condamné par les autorités de l’Église à une vie de pénitence et de prière. Mgr Barros avait alors soutenu qu’il n’était pas au courant de ces abus. Cependant, lorsqu’en 2015, le Pape François a nommé Mgr Barros à la tête du diocèse d’Osorno, les habitants en ont été profondément.

Peter Saunders est bien décidé à demander au Pape plus que des mots quand il s’agit de lutter contre les abus sexuels dont sont coupables des prêtres.

* * * * Jeudi, 18 janvier 2018. On nous prie d’annoncer le pèlerinage intitulé « sur les pas des Tsars » qui se fera en Russie du 24 juillet au 3 août. Pour les modalités d’inscriptions, aller chez Pro Liturga

* * * * Mercredi, 17 janvier 2018. Pour savoir ce qui s’est vraiment passé dans les paroisses, les diocèses et les séminaires après Vatican II, lisez et faites lire “La grande rupture” (éd. Librim Concept). Dans cet ouvrage bref et d’une lecture facile, l’auteur nous raconte, à partir de son expérience, ce que furent les années noires de l’après-concile qui ont mené à la situation actuelle. Certaines pages sont à peine croyables...

* * * * Mercredi, 17 janvier 2018. Au moment de la consécration, certains prêtres - parmi lesquels des Évêques - élèvent l’hostie en ne la tenant que d’une main, comme pour la présenter à l’assemblée. Cette façon de faire peut parfois ressembler à de la nonchalance ou, en tout cas, traduire un goût prononcé pour l’absence de dignité.

D’où la question : au moment de l’élévation, l’hostie doit-elle être tenue des deux mains ou peut-elle n’être tenue que d'une seule main ? La Présentation générale du Missel romain ne dit rien à ce sujet. Est-ce à dire que chaque célébrant est libre de faire comme il veut ?

Pour répondre à cette question, il faut bien voir que la liturgie est par excellence le domaine de la tradition : les mots “tradition” et “traditionnel” apparaissent près de 25 fois dans la Constitution Sacrosanctum Concilium et plus de 30 fois dans la Présentation Générale du Missel Romain.

On comprend donc aisément qu’il puisse y avoir des gestes qui font partie des célébrations liturgiques de manière “traditionnelle” et qui, précisément parce qu’ils sont supposés connus, ne sont pas détaillés dans les livres officiels donnés par l’Église. Rien de plus normal après tout : le christianisme n’étant pas une “religion du livre” à proprement parler, il n’y a aucune raison que les chrétiens soient conduits à pratiquer une “liturgie du livre”.

Cependant, les raisons de l’absence de précision à propos de certains gestes sont expliquées dans la Présentation du Missel Romain. Au n°42, on lit : « Les gestes et les attitudes du corps, tant ceux du prêtre, du diacre ou des ministres, que ceux du peuple doivent viser à ce que toute la célébration manifeste une belle et noble simplicité, que soit perçue toute la vraie signification de ses diverses parties et que soit favorisée la participation de tous ». On voit ici que si l’Église se refuse à codifier strictement les “gestes” et les “attitudes”, c’est parce qu’elle compte sur le bon goût et le bon sens qu’on est en droit d’attendre de la part des fidèles, et plus spécialement encore des célébrants.

Dans le paragraphe qui suit immédiatement ces lignes, le Missel romain poursuit : « On devra donc être attentif aux normes de cette Présentation générale et à la pratique reçue du rite romain ainsi qu’au bien commun spirituel du peuple de Dieu, plutôt qu’à ses goûts personnels et à son propre jugement ».

Autrement dit, c’est parce qu’il faut s’appliquer à cultiver le “bon goût” et le “bon sens” qu’il faut être “attentif aux normes” données par le Missel romain... et aussi - surtout ! - à la “pratique reçue” du rite romain. Les “normes” et la “pratique reçue”, poursuit le texte de la Présentation Générale du Missel Romain, favorisent des attitudes communes qui « sont un signe de l’unité des membres de la communauté chrétienne rassemblée dans la sainte Liturgie [et qui] expriment et développent l’esprit et la sensibilité des participants ».

Est aussi énoncé le principe liturgique selon lequel ces “normes” et la “pratique reçue” peuvent être “adaptées” lorsque et seulement lorsque, par la force des choses, il devient impossible de les respecter telles quelles. On se souvient par exemple que le Pape Jean-Paul II, très malade, ne pouvait élever l'hostie que d’une main. Mais en liturgie, “adapter”, rappelons-le, n’est ni oublier, ni démolir, ni abroger, ni prendre des libertés, mais “mettre en accord”, “s’efforcer de parvenir à...”

Il est donc évident que pour réaliser la liturgie dans un respect réfléchi de ce que l’Église demande de faire, il est nécessaire d’assujettir les célébrations à un contexte de continuité et non de rupture, ce qu’entend d’ailleurs favoriser le Motu Proprio “Summorum pontificum” de Benoît XVI. Le Missel romain actuel (dit “de Paul VI”), pas davantage que le Missel romain ancien (dit “de S. Pie V”), ne peut être considéré comme une création de zéro, même si ces deux missels portent chacun une date indiquant à partir de quand ils entrent en service. Les deux ouvrages sont à ancrer dans le développement harmonieux de la liturgie, développement qui exprime la continuité à travers les siècles du rite romain, comme expression de la foi de l’Église et comme outil de transmission de cette même foi.

Nous sommes donc bien là, tout spécialement depuis le concile Vatican II, dans une nouvelle approche de la liturgie et, plus encore, dans une nouvelle “conscience liturgique” qui induit et impose une redécouverte du rapport que les fidèles - et particulièrement les prêtres - doivent entretenir avec les rites reçus de l’Église. Ce rapport doit nécessairement conduire à l’ “art de célébrer” dont parle l’Exhortation post Synodale “Sacramentum Caritatis” du 22 février 2007 : « L’ars celebrandi doit favoriser le sens du sacré et l’utilisation des formes extérieures qui éduquent à un tel sens, comme par exemple l’harmonie du rite, des vêtements liturgiques, de l’ameublement et du lieu sacré. (...) La simplicité des gestes et la sobriété des signes, effectués dans l’ordre et dans les moments prévus, communiquent et impliquent plus que le caractère artificiel d’ajouts inopportuns. L’attention et l’obéissance à la structure propre du rite, tout en exprimant la reconnaissance du caractère de don de l’Eucharistie, manifestent la volonté du ministre d’accueillir, avec une docile gratitude, ce don ineffable ».

Il est donc évident que le geste d’élévation, au moment de la consécration, est à situer dans la tradition liturgique, laquelle impose, pour éviter toute nonchalance ou désinvolture, que l’hostie et ensuite le calice soient tenus dignement, avec les deux mains. Il n’est pas utile que le Missel romain donne davantage de précisions au sujet de ce rite.

* * * * Mercredi, 17 janvier 2018. La liturgie chrétienne - par conséquent la messe - est essentiellement construite à partir d’un symbolisme global dont les racines plongent dans la tradition juive revêtue d’un sens nouveau depuis la dernière Cène du Seigneur.

Mais faut-il entendre par “symbolisme” ?

Il faut entendre un acte composé de gestes, de paroles rituelles, d’objets.

Cet acte, précisément parce qu’il est établi sur un symbolisme, implique toujours un renoncement à l’agir personnel, subjectif : il vise à exprimer et communiquer la foi non d’un individu mais celle de la communauté ecclésiale envisagée dans sa dimension supra-temporelle et universelle.

Ainsi, les caractéristiques du symbolisme sont qu’il est tout en même temps :

- directement intelligible, c’est-à-dire soustrait de toute complication inutile qui pourrait en obscurcir le sens ;

- attractif, c’est-à-dire capable de subjuguer et d’illuminer pour “conduire vers” ;

- simple, c’est-à-dire ne nécessitant pas d’explications pour pouvoir être saisi.

Ces trois points sont clairement explicités dans la Constitution conciliaire sur la sainte Liturgie.

Traditionnellement, les expressions du symbolisme liturgique peuvent varier selon les Églises (avec E majuscule) et au cours de l’histoire. Mais les variations ne peuvent qu’atteindre des formulations de détail : dans sa structure fondamentale, le symbolisme doit toujours échapper aux bouleversements ; il doit demeurer permanent puisqu’il représente un résumé expressif du contenu doctrinal, résumé conçu en fonction d’un but particulier vers lequel l’Église entend diriger ses fidèles.

Le symbolisme liturgique ne peut donc évoluer uniquement en cas de nécessité et uniquement selon un processus de développement continu le conduisant à se réformer lui-même : ce n’est que de cette façon qu’il peut demeurer en phase avec la christologie de l’histoire du salut en référence avec les caractéristiques de l’ecclésiologie et la finalité eschatologique de l’espérance chrétienne.

Pour être reçu par le fidèle, le symbolisme liturgique présuppose une catéchèse mystagogique, laquelle en tant qu’initiation au mystère de la foi n’est pas tant un processus d’enseignement intellectuel qu’un mouvement de conversion où l’action de Dieu occupe toujours la première place.

De par sa forme, le symbolisme liturgique se rattache étroitement à un acte de confession : il ne parle pas d’une manière doctrinaire et, d’un point de vue linguistique, il est “performatif”, c’est-à-dire qu’il réalise ce qu’il énonce.

La grande erreur - malheureusement très répandue dans les messes actuelles - est celle qui cherche à rendre le symbolisme intelligible en le réduisant, sous l’étiquette “pluralisme”, à un langage séculier soumis à des groupes d’où ne part plus aucun chemin vers l’universel, vers le cosmique. L’une des marques montrant la réduction de la liturgie est la célébration “face au peuple” : les assemblées se referment dans un face à face célébrant-fidèles conduisant à une imposibilité de conserver le symbolisme qui traduit traduire l’élan commun dans une même direction cosmique de la prière liturgique commune à toute l’Église.

* * * * Mardi, 16 janvier 2018. Le Pape François est au Chili, un pays qui se sécularise à vive allure puisque le pourcentage de personnes se déclarant athées est passé de 12% en 2006 à 22% en 2014.

Le Pape doit célébrer une messe dans un immense parc public où sont attendus quelque 400 000 personnes. Prendra-t-on soin de vérifier qui pourra ou ne pourra pas recevoir la communion ?

* * * * Mardi, 16 janvier 2018. Le probabilisme est un courant théologique qui permet de souffler alternativement le chaud et le froid en ignorant l’avertissement de Jésus : « Si c’est oui, dites oui, si c’est non, dites non, tout simplement ; ce que l’on dit en plus vient du Mauvais ». (Matthieu 5, 37 ; 2 Col. 1, 20).

Le probabilisme débouche sur la confusion des propositions, sur la double vérité, sur une avalanche d’interprétations possibles et souvent même contradictoires.

Dire la vérité ne fait pas partie du programme du probabiliste dans la mesure où ce cherche d’abord à captiver son auditoire, à obtenir ses faveurs et ses applaudissements, à présenter un salut facile à ceux qui n’aspirent qu’à « s’entourer d’une foule de maîtres qui leur diront ce qu’ils aiment entendre » (2 Tim 4, 3).

Pour plaire à un maximum de personne, le probabiliste aura toujours tendance à vider les sacrements de leur sens par le biais de liturgies racoleuses et de catéchèses privées de tout contenu.

Ce qui est le plus troublant, c’est le désintérêt des probabilisme pour la vérité.

On trouve toujours chez eux un goût plus ou moins prononcé pour le relativisme - ou même le scepticisme - qui les pousse à agir selon la norme la plus probable c’est-à-dire, en réalité, la norme qui, dans une circonstance donnée, pourra être considérée comme la plus agréable à une personne donnée ou à un groupe particulier. Cela s’applique à l’enseignement doctrinal comme à la liturgie : chacun doit pouvoir trouver la messe qui lui plaît et non plus la messe qui obéit à des règles objectives permettant d’avoir une liturgie dont l’agencement et le contenu soient l’expression de la foi chrétienne authentique.

On assiste ainsi au développement d’une religion de compromis, d’une religion “à la carte” dans laquelle le souci de plaire aux autres se conjugue avec le souci de se faire plaisir.

Aujourd’hui, la pastorale mise en œuvre par les probabilistes affecte toute l’Église, mettant son unité en péril par le biais de célébrations liturgiques déconstruites, de catéchèses inconsistantes et de propositions de décentralisation largement inspirées par la Réforme luthérienne.

Nos Évêques ne devraient-ils pas s’en inquiéter ?

* * * * Mardi, 16 janvier 2018. Au moment où le Pape François arrive au Chili (en évitant l'Argentine), une curieuse affaire refait surface. Une nouvelle preuve que celui qui occupe le Siège de Pierre peut dire une chose aujourd’hui et affirmer son contraire demain... C’est à lire ici.

* * * * Mardi, 16 janvier 2018. Les fidèles Catholiques actuellement désorientés doivent se souvenir de ce que Notre-Dame a dit à Fatima : « A la fin, mon Coeur immaculé triomphera ! »

De nos jours, beaucoup de Catholiques reconnaissent que ni leurs Évêques ni leurs pasteurs ne leur apportent l’aide d’un Catholicisme pur et simple enseigné et expérimenté au niveau de la paroisse, que ce soit dans le catéchisme, dans la liturgie ou dans les homélies. Au contraire, tout n’est plus que questionnements, doutes, balancements, hésitations. Comme l’a dit le Père Paul Crane, S.J. : « Ce n’est pas seulement un cas où les brebis affamées lèvent la tête et ne sont pas nourries. De nos jours, les brebis affamées ne prennent même pas la peine de lever les yeux tant elles sont certaines qu'elles ne seront pas nourries : elles savent d'expérience amère que cela ne sert à rien de le faire ».

Au milieu des incertitudes élevées au niveau de dogmes dans certaines paroisses ou certains diocèses, les fidèle Catholiques qui gardent la foi malgré les mauvais exemple, les enseignements douteux et les liturgies bancales ont beaucoup de mérite. Il doivent cependant se souvenir de la parole de Jésus : « Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, vous dis-je, mais la division ». (Lc 12, 51)

C’est dire que les temps à venir ne seront pas de tout repos... Mais « à la fin, mon cœur triomphera », dit la Vierge Marie. Le mot « fin » a ici une très grande importance car il indique un terme définitif, une situation où des corrections de trajectoires ne seront plus envisageables.

* * * * Mardi, 16 janvier 2018. C'est avec joie que Mgr Franz Joseph Bode, Évêque d’Osnabruck et vice-président de la Conférence des Évêque d’Allemagne a revêtu sa nouvelle tenue épiscopale :

* * * * Lundi, 15 janvier 2018. Messe “ordinaire” célébrée hier dimanche dans une paroisse de l’Église-qui-est-en-France. Témoignage d’une fidèle :

« Au cours de la messe dominicale de cette journée du Migrant, nous avons pu noter les adaptations suivantes :

- double mot d’accueil par une laïque puis par le prêtre, assez en verve sur le thème du jour.

- Kyrie aux paroles fabriquées avec mention des “péchés de non-accueil”.

- Gloria fabriqué.

- le célébrant , sans chasuble (comme d’habitude) remplace la prière d’ouverture par une intercession en faveur des Migrants (avec M majuscule sur la feuille du jour).

- les deux premières lectures ont été lues par des laïcs qui ont ajouté des pronoms et des conjonctions modifiant le sens de plusieurs phrases.

- homélie sans consistance théologique au cours de laquelle le nom du Pape François a été cité une dizaine de fois et Lampedusa une fois. Allusions furtives à deux lectures mais aucune allusion à l’épitre qui était pourtant d'un grand intérêt.

- au début de l’offertoire, un immigré et une immigrée d’Afrique, s’avançant devant l’autel, ont débité d’une voix quasiment inaudible une prière faisant double emploi avec la prière universelle.

- prière sur les offrandes modifiée, sur le thème de la migration.

- Sanctus fabriqué.

- au cours de la prière eucharistique, prière pour les migrants ayant péri en mer.

- Agnus Dei fabriqué.

- dans le cadre des annonces, témoignage quasiment inaudible d’un jeune migrant, déjà majeur, au prénom musulman, vivant dans un foyer pour mineurs non accompagnés et suivant une formation professionnelle. Tout le monde a trouvé cela admirable et a applaudi.

Voilà, c’était une belle fête très émouvante et tout le monde était content... sauf les très rares fidèles qui savent encore ce qu’est la liturgie eucharistique ».

Rappel au curé de cette paroisse et à l’Évêque diocésain qui se réclament de Vatican II : « Absolument personne (...), même prêtre, ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie ». (Const. Sacrosanctum Concilium, art. 22)

* * * * Lundi, 15 janvier 2018. Le Vatican a fait officiellement l’éloge de Liliane Ploumen, grande dame très engagée dans les campagnes pro-avortement.

Comment se fait-il que le Pape François qui s’applique à être au courant du moindre bruit de couloir, ne soit pas au courant et n’ait pas encore corrigé le tir ?

Sur la page "études"

- NOUVEAU : LITURGIE, ORALITE, RUBRICISME, par Samuel Nyom.

- Quand l'actuel pontificat pose question, par le professeur Roberto de Mattei.

- Un Pape débordé, par le professeur Hubert Windisch.

- “Amoris laetitia” et l'unité de l'Église, par Peter Winnemöller.

- Les deux Églises, par Samuel Nyom.

- Un fidèle a-t-il le droit de reprendre le Pape ou un supérieur ? d'après une étude du Professeur Roberto De Mattei.

- Quand le sacré devient profane et que le profane devient sacré, par Dom Wallner.

- Privée de beauté, la liturgie est morte, d'après Dietrich von Hildebrand.

- Les familles liturgiques.

- Veritatis splendor, par Falk van Gaver (Source : "La Nef").