samedi 13 janvier 2018

Abondance de nouvelles quotidiennes
Pro Liturgia — du 7 janvier au 13 janvier 2018


Lu chez Pro Liturgia sous l'onglet ACTUALITÉS du 13 janvier 2018

* * * * NOUVEAU Samedi, 13 janvier 2018. Le jeudi 11 janvier, Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, avait donné rendez-vous aux responsables des paroisses, des services diocésains, des instituions religieuses de son diocèse. Avant d’adresser ses vœux pour une très belle année 2018, il a appelé à plus de mutualisation et de transversalité dans l’organisation de l’Église et a annoncé un renouvellement important dans l’organisation des services et des paroisses.

Comme bien d'autres diocèse, celui de Strasbourg, le plus grand de France, est confronté à la diminution du nombre des prêtres et à la baisse des vocations.

* * * * NOUVEAU Samedi, 13 janvier 2018.

Nous avons appris avec peine le décès, dans cette nuit du 12 au 13 janvier, de Mme Haushalter, maman de la secrétaire de notre Association.

Nous demandons à tous nos membres et amis d’avoir une pensée pour Monique et sa famille et de prier pour le repos de l’âme de la défunte.


* * * * NOUVEAU Samedi, 13 janvier 2018. On oublie très souvent - ou on ignore - qu’au cours des premiers siècles chrétiens, c’est uniquement par la liturgie des Apôtres que la doctrine et la foi chrétienne ont été fidèlement maintenues et transmises. La liturgie a été, en effet, le premier moyen efficace de conserver intacts et de diffuser les enseignements du Seigneur.

Les textes du Nouveau Testament, et surtout les Epîtres, ne sont venus qu’après coup pour s’ajouter à la liturgie déjà établie pour faire avec elle un corpus rituel devant se maintenir au cours des siècles en tant que référence à la théologie et à la doctrine.

Voilà pourquoi on a pu dire que la liturgie, en tant que “lex orandi”, c’est-à-dire en tant que “norme” de la prière publique de l’Église, était capable de signifier et de transmettre de façon intacte le trésor de la Révélation divine qui constitue la “lex credendi”.

Par conséquent, toucher aux règles de la liturgie, c’est porter atteinte à l’intégrité de la Révélation ; c’est ruiner la façon dont les fidèles peuvent - dans la mesure où ils le souhaitent - avoir accès au contenu de la Révélation ; c’est porter atteinte au droit des fidèles à bénéficier de la liturgie reçue de l’Église.

Ce qui se passe actuellement dans l’Église, où chaque célébrant croit pouvoir “adapter” la liturgie à telle ou telle communauté et où les traductions en langues courantes des textes liturgiques sont peu fiables, est donc d’une extrême gravité : par célébrations “bricolées” interposées, on porte un coup mortel à la foi ; cette dernière ne se réfère plus au donné de la Révélation, mais simplement à de bons sentiments généralement terre-à-terre.

On ne dira jamais assez que la “lex orandi” reçue de la Tradition vivante n’est pas qu’un ensemble de pratiques figées qu’il faut répéter et accomplir mécaniquement messe après messe, office après office. Non ! La “lex orandi” est d’abord un corpus entier de doctrine : elle est la traduction intacte de l’ “intelligence de la foi” ; une traduction bien plus complète que celle que l’on peut trouver dans les textes magistériels et, de surcroit, bien plus accessible qu’un traité de théologie.

Celui - prêtre, animateur liturgique, simple fidèle - qui ne comprend pas ce point essentiel fera inévitablement fausse route et perdra son temps, son énergie et peut-être même sa foi en “animant” des assemblées où ne resteront que celles et ceux qui refusent obstinément de recevoir la vérité de la Révélation telle qu’elle est exposée dans et par la liturgie de l’Église.

Sans un esprit vraiment Catholique qui permet de voir la liturgie comme une “épiphanie” capable non pas de tout expliquer et de tout faire comprendre mais simplement d’ouvrir l’intelligence et la sensibilité à la transcendance de Dieu, tout discours restera stérile ; toute entreprise pour redynamiser les paroisses sera vouée à l’échec ; toute messe se voulant “participative” et “conviviale” éloignera inévitablement les fidèles du Logos divin.

La liturgie ne peut parler aux fidèles que si, par sa mise en œuvre, elle demeure l’expression digne et juste de la “lex credendi” et qu’à ce titre, elle ne soit plus la victime de cette dérive activiste qui a caractérisé la pastorale post-conciliaire.

* * * * NOUVEAU Samedi, 13 janvier 2018. Le 12 janvier, Pierre Pincemaille, organiste titulaire à la basilique Saint-Denis, nous a quitté. Voici ce qu’il avait déclaré lors d’une interview :

« En arrivant à la Cathédrale, il m’a fallu supporter stoïquement ces cantiques hideux qui ont envahi la totalité (ou presque) des églises de France (lesquels ressemblent davantage à des chansonnettes de variété de la plus basse espèce qu’à de véritables chants religieux), dirigés au pupitre par de braves paroissiens bénévoles, dont la générosité et la disponibilité n’ont d’égales que leur incompétence, tant en musique qu’en liturgie. (...) »

* * * * Vendredi, 12 janvier 2018. De plus en plus de prêtres sont au bord du “burn out”. Il ne faut pas chercher très loin les raisons de cette crise :

  • ils sont de moins en moins nombreux ;
  • ils ont l’art de respecter si peu la liturgie que leurs messes font fuir les fidèles ce qui a pour conséquences qu’ils célèbrent l’Eucharistie dans des églises vides ;

  • ils sont les otages des équipes liturgiques qui leur dictent des principes pastoraux dont l’inefficacité a été largement prouvée ;

  • ils s’épuisent dans des réunions et des rencontres stériles ;

  • ils ne sont plus appelés que pour célébrer des funérailles ou des mariages rassemblant des familles qui, ordinairement, ne mettent jamais les pieds à l’église.

N’importe qui, à leur place, craquerait...

En 2013, à la demande de Benoît XVI, la congrégation pour le clergé publiait un “Directoire pour le ministère et la vie des prêtres” (qui fut passé sous silence dans bien des diocèses). On y lisait : « (...) Les prêtres avancés en âge, qui méritent la considération la plus délicate, participent aussi à la formation permanente, non pas pour des études approfondies ou des débats culturels, mais pour une confirmation sereine et apaisante du rôle qu’ils sont encore appelés à jouer dans le presbyterium.

En plus de leur participation à la formation organisée pour les prêtres d’âge moyen, ils pourront profiter de temps et de lieux particuliers, de rencontres spéciales pour approfondir le sens contemplatif de la vie sacerdotale, pour redécouvrir et apprécier les richesses doctrinales des études passées, pour se sentir utiles - ce qu’ils sont -. Leurs compétences peuvent être valorisées dans certains ministères, par exemple comme confesseurs expérimentés ou comme directeurs spirituels. En particulier ils pourront partager avec les autres leurs expériences, encourager, accueillir, écouter et pacifier leurs confrères, être disponibles quand on leur demandera de devenir eux-mêmes d’authentiques maîtres et formateurs des autres prêtres.

Indépendamment de leur âge, les prêtres peuvent se trouver dans une condition de fragilité physique ou de lassitude morale. (...) La formation permanente de ces prêtres doit les encourager à continuer à servir l’Église d’une façon sereine et courageuse et être ainsi un signe éloquent du primat de l’être sur l’agir, des contenus sur les techniques, de la grâce sur l’efficacité extérieure.

(...) L’Évêque et les autres prêtres ne devront jamais manquer de visiter périodiquement ces frères malades afin, entre autres, de les tenir informés de la vie du diocèse et de les aider à se sentir des membres à part entière du presbyterium et de l’Église universelle qu’ils édifient avec leurs souffrances. On devra entourer d’une affection particulière les prêtres proches de la fin de leur cheminement terrestre, après une vie dépensée au service de Dieu pour le salut de leurs frères.

(...) À tous les âges et dans toutes les situations, le prêtre peut faire l’expérience de la solitude. Cette solitude, loin d’être comprise comme un isolement psychologique, peut être la conséquence tout à fait normale d’une adhésion sincère à l’Évangile, et constituera par là une dimension irremplaçable de la vie personnelle. Dans certains cas cependant, elle peut être due à des difficultés particulières, comme la marginalisation, les incompréhensions, les déviations, les abandons, les imprudences, les limites du caractère personnel ou de celui d’autrui, les calomnies, les humiliations, etc. Il peut en naître un puissant sentiment de frustration, extrêmement délétère.

Cependant ces moments de difficulté peuvent aussi devenir, avec l’aide du Seigneur, des occasions privilégiées pour un nouveau progrès sur le chemin de la sainteté et de l’apostolat. Le prêtre peut en effet découvrir qu’il s’agit d’une solitude habitée par la présence du Seigneur. Il est évident que ceci n’atténue pas la grave responsabilité de l’Évêque et du presbyterium tout entier, d’éviter toute solitude qui naîtrait d’une négligence de la communion sacerdotale. Il revient au diocèse de fixer comment organiser des rencontres pour les prêtres afin qu’ils fassent l’expérience de vivre ensemble, apprenant les uns des autres, s’encourageant et s’aidant mutuellement car personne n’est prêtre tout seul et ce n’est que dans cette communion avec l’Évêque que chacun peut accomplir son service. (...) »

* * * * Jeudi, 11 janvier 2018. Le Cardinal Robert Sarah, préfet de la congrégation pour le Culte divin, a remercié Pro Liturgia qui œuvre « en faveur de la dignité et de la beauté de la liturgie ».

Dans son courrier adressé au président de l’association, le Cardinal souligne qu’ « il faut réussir à redonner à Dieu le primat, à promouvoir le silence et la sacralité dans ce moment de face à face avec Dieu qu’est la sainte liturgie ».

* * * * Jeudi, 11 janvier 2018. Une liturgie pensée et élaborée que par l’esprit humain ne saurait être une authentique liturgie.

Si nous ne recevons pas la liturgie par le biais de la Tradition de l’Église alors, quoi que nous fassions - et qui peut nous satisfaire sur un plan personnel - nous ne parviendrons qu’à nous rassembler sans parvenir à célébrer Dieu de façon digne et juste (cf. préfaces), de façon à ce que sa présence soit mise au premier plan.

La liturgie ne réside donc pas dans un programme élaboré par une poignée de fidèles ; elle ne réside pas dans une pensée, aussi élaborée et captivante puisse-t-elle être, mais dans un fait : Dieu s’est révélé et se donne à nous. L’humilité de la raison sera toujours nécessaire pour pouvoir l’accueillir : il faut l’humilité de l’homme pour répondre à l’humilité de Dieu. Cette humilité doit être cultivée par tous les fidèles au cours des célébrations : elle rend la liturgie apte à révéler à tout homme de bonne volonté que Dieu est présent et que la voie qui mène à Lui est grande ouverte.

Malheureusement, la plupart des célébrations liturgiques actuelles n’appellent plus à cette humilité nécessaire et capitale. La raison en est qu’elles procèdent d’une culture positiviste conduisant à penser que n’a de sens et de valeur que ce que l’esprit humain peut directement saisir et vérifier.

Dans un tel contexte, la question de Dieu est renvoyée dans le domaine de la subjectivité et du sentimentalisme, ce qui a pour conséquence que l’homme s’écoute davantage lui-même qu’il ne cherche à entendre Dieu dans le silence d’un culte authentique.

* * * * Jeudi, 11 janvier 2018. En 2018, plusieurs diocèses français devront avoir un nouvel Évêque à leur tête : Marseille, Bourges, Reims, Wallis-et-Futuna, Cambrai, Nanterre, Luçon et Chartres.

* * * * Jeudi, 11 janvier 2018. Mgr Franz-Josef Bode, Évêque d’Osnabrück et vice-président de la conférence des Évêque d’Allemagne depuis septembre 2017, a demandé que les couples homosexuels puissent être bénis au sein de l’Église.

Mgr Bode a tenu à préciser qu’une telle bénédiction ne devra pas être confondue avec un mariage... mais qu’elle sera tout de même un peu comme un mariage.

* * * * Mercredi, 10 janvier 2018. A en croire certains, le Pape François demeure très populaire. Selon d’autres, il ne l’est plus guère.

Il y a des faits qui permettent d’évaluer la popularité du Souverain Pontife. Par exemple, la baisse continuelle du nombre de fidèles présents place Saint-Pierre lors des audiences publiques du mercredi, ainsi que la baisse continuelle d’audience d’une émission télévisée italienne dans laquelle François est le protagoniste. On pourrait aussi regarder du côté de la messe du matin célébrée à Sainte-Marthe : on ne se bouscule guère pour participer à cette liturgie minimaliste.

Une autre anecdote semble aussi corroborer la thèse selon laquelle le Pape est de moins en moins populaire : Nick Sentovich est un séminariste venu des Etats-Unis pour poursuivre ses études au Pontifical North American College de Rome. Comme tous les séminaristes de troisième année, on lui a proposé de participer à la messe de la Vigile de Noël célébrée par le Pape dans la basilique Saint-Pierre. Habituellement, le Saint-Siège procède à un tirage au sort pour déterminer les séminaristes qui seront de service d’autel. Comme très peu de séminaristes ont manifesté de l’intérêt à être présents à la basilique auprès du Pape Bergoglio, tous ceux qui ont proposé leurs services ont été acceptés…

* * * * Mercredi, 10 janvier 2018. D’un jeune internaute : « En consultant le site BelgiCatho, je suis tombé sur un article de l’Abbé de Leffe (B), qui entend nous “éclairer” sur Amoris Laetitia.

Pour y parvenir, ce brillant ecclésiastique (sans doute un peu jésuite) nous parle d’attrition, d’indulgences, de justice, de peine expiatoire, de gradualité et d’imputabilité. Outre le fait que plusieurs de ces notions mériteraient une sérieuse définition lexicale, je pense que le fidèle basique aura quelque peine à savoir si on lui parle bien en français ! L’Abbé de Leffe précise qu’il s’agit de “notions fontales” ; nous voilà rassurés ! Avec un tel langage, et compte tenu de l’imbroglio intellectuel qui prévaut dans Amoris Laetitia, les Catholiques ne sont pas prêts de comprendre de quoi il retourne. Mais sans doute est-ce le but recherché... »

* * * * Mercredi, 10 janvier 2018. Sous le pontificat de François, la dégringolade dans le mauvais goût est toujours possible. Le mauvais exemple vient donc de haut.

La basilique Saint-Pierre a été dotée d’un grand orgue.

Mais voilà que depuis Noël dernier, on a ajouté un synthétiseur. Autrement dit, un instrument électronique qui est à l’orgue ce que les fleurs en plastique sont aux fleurs naturelles...

On ne sait pas si ce synthétiseur sera doté d’une boîte à rythme permettant de punch aux célébrations ; toujours est-il qu’il sera ordinairement utilisé pour les célébrations. Quant à l’ancien orgue, il ne servira plus qu’occasionnellement, pour les célébrations se déroulant dans la partie avant de la basilique.

Pour les facteurs d’orgues, cette initiative a été vécue comme une insulte. A tel point que l’Association des facteurs d’orgues italiens a adressé au Cardinal Sarah, Préfet de la congrégation pour le Culte divin, le message suivant :

« Crémone, le 5 janvier 2018.

Votre Éminence,

L’installation d’un “orgue numérique” dans la Basilique St Pierre au Vatican, le Temple le plus important de la chrétienté, a suscité un sentiment d’incrédulité parmi les musiciens, les constructeurs d’instruments de musique, les historiens de l’art, ainsi que tout le monde de l’orgue, en Italie et en Europe.

Ce substitut d’orgue, imitant dans les formes la console d’un vrai orgue, ne reproduit qu’avec maladresse, et sans aucune chance d’y parvenir, la sonorité de l’instrument authentique.

C’est pour cela que son utilisation dans le cadre de la Basilique St. Pierre ne convient absolument pas à la dignité de ce Temple ni de l’Église, qui a toujours promu au cours des siècles la meilleure production artistique que ce soit dans le domaine de la peinture, de la sculpture, de l’architecture ou de la musique, en contribuant à éduquer et à former le sens esthétique des croyants et des non-croyants.

La présence d’un instrument électronique dans la Basilique papale peut se rapporter, à notre avis, à une manifestation de la décadence culturelle de notre époque.

Elle renonce au vrai en le remplaçant par une fiction.

Les prises de position du Magistère de l’Église sont nombreuses au sujet de l’importance de l’Art et de la Beauté comme instruments essentiels pour la célébration du culte réservé à Dieu. Nous aimons rappeler, à titre d’exemple, un concept sur lequel Sa Sainteté le Pape Paul VI s’était exprimé, il y a maintenant cinquante ans, à l’occasion de l’homélie prononcée lors de la Messe des Artistes, célébrée le 7 mai 1964 dans la Chapelle Sixtine. Dans ce discours, il faisait référence à l’erreur d’employer “des substituts, de l’holographie, de l’art pauvre et à bon marché”, en renonçant ainsi, pour des raisons de contingence, à “accomplir des œuvres grandes, belles, nouvelles, dignes d’être admirées”.

Il est triste aujourd’hui de constater que, à peine à un demi-siècle de ce discours très inspiré, on ait recours de nouveau à un subrogé pour “imiter” l’art qui peut le plus susciter des émotions profondes et des mouvements qui élèvent l’âme vers Dieu : la musique.

Au-delà des motivations qui ont amené à introduire et à utiliser l’instrument électronique à la Basilique papale, et malgré les exigences liturgiques complexes de la Basilique St Pierre, il nous est difficile de croire qu’il ne puisse pas exister une solution différente, laquelle ne préconiserait pas l’exclusion, complète ou partielle, de l’orgue à tuyaux en faveur de son substitut électronique.

En tant que constructeurs et restaurateurs d’orgues à tuyaux, nous avons l’occasion de rencontrer partout dans le monde des communautés - grandes ou petites - de chrétiens qui font face à des efforts souvent très importants pour doter leurs églises de véritables orgues à tuyaux. Dans ce contexte, nous sommes attristés d’apprendre que, justement dans la Basilique papale, il ait été fait un choix qui semble affirmer l’inutilité de tels efforts.

C’est pour cette raison que l’Association des Facteurs d’orgues Italiens se fait porteuse d’une initiative vouée à la sensibilisation du monde de la culture en Italie, afin que celui-ci exprime son désarroi face à la présence d’un substitut du vrai instrument musical dans la Basilique papale. Nous souhaitons que ce regret parvienne aux responsables des célébrations liturgiques de la Basilique St. Pierre, mais également à ceux de toutes les églises Catholiques.

En même temps, les promoteurs de cette initiative souhaitent offrir leur disponibilité pour définir une méthode efficace afin d’identifier des solutions différentes, cohérentes avec ce qui est affirmé au numéro 120 de la Constitution sur la musique Sacrée Sacrosantum Concilium, pour que aussi et surtout dans l’Archi-Basilique papale de St. Pierre on estime “hautement, dans l'église latine, l’orgue à tuyaux comme l’instrument traditionnel dont le son peut ajouter un éclat admirable aux cérémonies de l’Église et élever puissamment les âmes vers Dieu et le ciel”.

Confiants en l’écoute que Votre Éminence voudra bien réserver à notre appel, nous vous prions de bien vouloir agréer l’expression de notre très profond respect. »

On sait que le Cardinal Sarah écoutera et comprendra très facilement... mais le Pape ?

* * * * Mercredi, 10 janvier 2018. Nouvelle réaction d’une fidèle qui a regardé la vidéo montrant la messe à Notre-Dame de Paris (voir ci-dessous) :

« Je suis heureuse de voir sur votre site les réactions de personnes au sujet de la liturgie. J’ai eu, quant à moi, la surprise de retrouver chez Pro Liturgia mes propres réflexions. Pour me consoler de la “messe” de Noël subie dans ma belle-famille, j’ai visionné la Liturgie de Moscou sur le site Orthodoxie.com, puis je suis allée voir votre site où je l’ai retrouvée citée. J’ai montré les deux célébrations — celle de Moscou et celle de Paris — en comparaison à mon époux : il était effondré. Surtout par la fin de la messe parisienne avec congratulations mondaines et le chœur littéralement envahi par les laïcs déguisés en schtroumpfs bleus. Dieu est totalement évacué de ces cérémonies crypto-protestantes débilitantes et prétentieuses. Nous nageons en pleine apostasie.

Je n’ai pas eu le courage de vous faire le compte-rendu de la messe des familles de Noël à l’église d’Alésia (Paris, 14e) : le cirque Barnum avec un côté barbant et sinistre. Il n’y manquait que le nez rouge au curé qui, dans un sermon hérétique, a réinterprété la création du monde avec un Dieu-le-Père barbu, chenu et assez limité pour demander aux anges comment faire... J’ai communié en pleurant, ce soir-là, moi qui n’avais pu communier depuis des mois (voir l’explication plus loin).

Pour le dimanche suivant, j’avais la chance d’aller voir ma famille, près d’Evron : hélas, tant à Noël qu’en été, les prêtres de la Communauté Saint-Martin s’en vont tous en vacances sans nous laisser même une “petite messe” du dimanche. Nous avons donc dû subir la paroisse dans toute sa splendeur, avec dame à voix de fausset, servante de messe à queue de cheval, chants débiles et sermon crétin... dans cette magnifique basilique. J’ai dû communier à un laïc entre deux adolescentes boutonneuses qui faisaient potiche sans pour autant tenir un plateau de communion, bien sûr.

Quelle pitié ! Nous n’aurons donc plus de messes non plus là-bas, puisque nous n’y allons qu’en vacances. Et c’est sûr : je n'y remettrai plus les pieds dans cette paroisse.

Quant à chez nous (Moulins, Allier), nous ne pouvons plus aller à la messe du tout depuis septembre. Le Père qui était si croyant qu’il relevait le niveau de sa liturgie est décédé. L’autre Père, qui était très bien aussi et croyait en Dieu, a été déplacé dans une paroisse touristique pour faire de la pub au diocèse. Le pauvre est littéralement pris en otage par l’équipe paroissiale locale, phare de l’Évêché. Ce sont les membres de l’équipe liturgique qui dirigent et décident tout : filles papillonnant dans le chœur, dames à forte personnalité menant la cérémonie, applaudissements, auto-congratulations, chants affreux et inchantables, petite chorale très moche les interprétant avec délectation, prière universelle style première page de Yahoo avec beaucoup de Bergolio, de divorcés à accueillir, d’amour de toutes les religions (sauf la nôtre) et surtout d’une d'entre elle... Les dames de l’équipe sortent le curé de sa boîte quand vraiment il faut que lui agisse pour qu’il y ait au moins la consécration. Je plains ce prêtre et je prie pour lui, car il semble bien vivre l’enfer.

A présent, pour rester chrétiens, nous prions chez nous le dimanche et les jours de fête, sans l’Eucharistie, mais tournés vers l’autel domestique, avec la beauté des icônes, des bougies de cire, des fleurs, de la vraie musique liturgique (Graduel d’Alienor de Bretagne, notamment), le Credo, le Pater et les lectures du jour. Puis nous lisons, en guise de sermon, les commentaires des Pères de l'Église sur ces passages bibliques du jour. Nous prions les saints que nous aimons, puis nous prions pour les vivants que nous savons en difficulté et pour les défunts. Nous chantons le Salve Regina.

On se croirait revenu aux premiers temps de la christianisation, à la différence près que nous n’avons plus de prêtres pour nous soutenir et nous guider dans la foi. Ne pensez-vous pas qu’à l'aune de notre vie cette situation est sans espoir et que, pour rester Catholiques, il va nous falloir regarder du côté des Liturgies orthodoxes ? »

* * * * Mardi, 9 janvier 2018. Quand aujourd’hui, dans l’Église, on parle d’ “abus”, on pense automatiquement aux abus sexuels. On oublie de dire qu’il existe une autre forme d’abus dont sont coupables nombre de prêtres : ce sont les “abus spirituels”. La majorité des pratiquants en est victime, messe après messe, dimanche après dimanche.

* * * * Mardi, 9 janvier 2018. Comparaison de la Divine Liturgie de l’Épiphanie à Moscou avec la célébration solennelle d’installation du nouvel archevêque de Paris à Notre-Dame (voir les vidéos ci-dessous). Des internautes réagissent (sainement) :

- un jeune fidèle de Suisse :

« En visionnant des extraits des offices orthodoxes et Catholiques (N.-D. de Paris) proposés sur le site, j’en arrive à une conclusion toute simple : dans le cas orthodoxe, nous avons des intervenants qui croient en ce qu’ils font, qui y mettent tout le cœur et toute leur science, conscients que c’est bel et bien Dieu qui est au centre de leur foi. A Paris, il n’y a plus ni foi, ni convictions, ni sérieux, ni dignité. Juste un sinistre alignement de pantins en aubes-sacs qui ont oublié pour Qui et pour quoi la Cathédrale qu’ils déshonorent fut construite.

- une famille de France :

« Entièrement d’accord avec le commentaire de Pro Liturgia sur la messe à Notre-Dame de Paris. Qui donc nous délivrera de cette misère... de ce mauvais goût ? A côté de cela, la beauté saisissante de la Divine Liturgie de Noël en Russie. »

- un jeune fidèle de France :

« Pour moi, ces deux célébrations ne sont même pas comparables. Les orthodoxes ont tout, respectent tout : le fond, la forme, l’image, le son. Aucun détail n’est laissé au hasard. Chacun est à sa place et effectue ce qui lui revient selon la nature des choses et sa fonction. La beauté, la magnificence et l’harmonie règnent. Et tout cela sans forcer, avec le plus grand naturel... Pour la célébration franco-franchouillarde de Paris, c’est le mauvais goût et le négligé à tous les étages. Il n’y a pas deux Évêques sapés de la même manière. Des chasubles flasques et évanescentes. Sur l’autel (déjà affreux en lui même), pas de cierge ni de croix. Le chœur est rempli de gens qui n’ont rien à y faire tandis que des prêtres se trouvent dans le transept qui n’est pas leur place : c’est le règne de l’aberration et de l’absurdité. Et puis toujours cette “célébration face au peuple” plus catastrophique que jamais. Comme la célébration n’est pas orientée, le célébrant ne sait pas où regarder pendant la prière eucharistique : regarder les fidèles ? Regarder la voûte ? Son regard erre donc dans le vide, cherchant un point fixe, alors que la croix est derrière lui. Le clergé est désorienté, au sens propre du terme : il vagabonde physiquement et spirituellement. On est dans la nullité la plus complète doublée d’autosatisfaction puisqu'on applaudit à la fin de l'homélie (et pourquoi pas après la consécration pendant qu'on y est ?) Comment une Église riche de plus de 2000 ans de tradition chrétienne a-t-elle pu en arriver là ? On se demande souvent pourquoi les pays occidentaux ont pu se déchristianiser aussi rapidement et radicalement, alors que les pays d’Europe de l’Est semblent bien mieux résister. Ne cherchons pas plus longtemps : le problème réside dans le clergé lui-même, et ce genre de liturgie parisienne où l’épate tente vainement de camoufler l'absence de sacré nous en donne - hélas - une preuve flagrante. »

* * * * Mardi, 9 janvier 2018. Selon Mgr Coccopalmerio, chargé par le Pape François d’interpréter le droit canonique à la lumière d’ “Amoris laetitia”, un couple de “divorcés-remariés” n’a pas à changer son style de vie pour recevoir la communion eucharistique ; il suffit que les deux concubins aient simplement le désir de “changer d’intention de vie”.

A ce train-là, c’est la notion de péché qui disparaît et, avec elle, le sacrement du Pardon et le sacrement de l’Eucharistie.

Merci, Pape François : grâce à toi, nous aurons bientôt une Église de la liberté complète... Y compris la liberté de ne plus la fréquenter. Peuples qui marchez dans la longue nuit, le jour va bientôt se lever !

* * * * Lundi, 8 janvier 2018. Le 6 janvier, les Orthodoxes ont fêté la Nativité (Epiphanie) du Seigneur : pas d’animatrice liturgique, pas de chants imposés par l’équipe d’animation liturgique locale, aucune improvisation, aucune tenue négligée, pas de célébration adaptée pour les jeunes, aucun commentaire... On vient en famille ; on participe à la Divine Liturgie telle qu’elle est reçue et telle qu'elle doit être célébrée à travers les rites accomplis avec une “aisance maîtrisée”... Cliquer ici.

Divine liturgie à comparer avec ce qui se fait “de mieux” à Notre-Dame de Paris où les chants ronflants, l'agitation liturgique, le négligé des concélébrants et les tons sirupeux sont de mise : Cliquer ici.

* * * * Dimanche, 7 janvier 2018. Beaucoup de fidèles pratiquants pensent qu’on va à la messe pour parler à Dieu. C’est une erreur : si l’on va à la messe, c’est pour écouter Dieu.

Or, on ne peut entendre ce que Dieu a à nous dire que dans le silence : silence des célébrants ; silence exprimé par le chant ; silence que produit la liturgie, de façon générale, lorsqu’elle est respectée et mise en œuvre avec compétence, sans précipitation et sans affectation.

Le silence est l’élément essentiel de la liturgie. Sans lui, les célébrations se transforment en vaines agitations au cours desquelles la voix de Dieu se fait inaudible ; des agitations qui donnent l’illusion de produire du sens mais qui, en réalité, sont soustraites de la foi, ne produisent rien de solide et ne transmettent rien de durable.

Apprendre à écouter la vois de Dieu dans le silence est quelque chose qui s’apprend. Hélas, plus au cours de nos actuelles messes paroissiales (sauf rares exceptions).

* * * * Dimanche, 7 janvier 2018.

Au cours d’une interview, le P. James Martin, jésuite, a affirmé que la rigueur des termes de l’actuel “Catéchisme de l’Église Catholique” poussait de jeunes homosexuel au suicide.

Décidément, les bêlements qui se font entendre dans le microcosme jésuitique n’ont pas fini de nous étonner...

* * * * Dimanche, 7 janvier 2018. D’un jeune internaute :

« Le week-end dernier, je me suis promené dans Paris et j’en ai profité pour visiter différentes églises de la ville. Le spectacle qu’il m’a été donné de voir fut particulièrement consternant. En plus d’être bien souvent sales et mal entretenues, on ne sent pas, lorsqu’on pénètre dans la plupart de ces édifices, qu’il s’agit d'un sanctuaire abritant le sacré et voué entièrement à la prière et à la contemplation du Dieu vivant. Partout règne un indescriptible désordre. Dans la plupart de ces églises, les chapelles latérales sont encombrés d’objets hétéroclites - des panneaux de bois ou de carton recouverts de dessins d’enfants - qui enlaidissent considérablement le sanctuaire. Partout, ou presque, des misérables pots de fleurs contenant des plantes chétives sont négligemment posés sur les autels latéraux, sans respect pour la pierre sacrée qui s’y trouve. Les autels “face au peuple”, en plus de casser la perspective et l’unité du lieu, participent à cette impression de négligé et de mauvais goût : bien souvent, ils se réduisent à une simple table de bois qui jure avec le cadre dans lequel il sont placés. Et je ne parle pas des “liturgies” qui y sont sans doute habituellement célébrées et auxquelles j'ai eu la chance de ne pas assister. A peu près partout, elles consistent en un étalage choral, verbal et vestimentaire de mauvais goût et de superficialité.

Il faut bien le reconnaître, cette manière d'aménager et de ne pas respecter l’esprit d'un sanctuaire révèle une très profonde crise de la spiritualité occidentale. Car une spiritualité vraiment et authentiquement traditionnelle se traduit, en effet, par un équilibre subtil entre une forme de rationalité et une capacité à exprimer un état de vie intérieur.

Ainsi, par exemple, le chant grégorien sait-il exprimer merveilleusement les différentes émotions spirituelles (joie, douleur, solennité...) en fonction du ton employé ; mais cette expression repose sur une base rationnelle et non sur un sentimentalisme arbitraire. Hélas - et depuis bien longtemps - il faut bien constater que ce subtil équilibre a été rompu dans la tradition occidentale. Le style néo-classique et sulpicien était déjà une forme de rupture de cet équilibre : une architecture rationaliste, donc froide et guindée, se mêlait à une statuaire exprimant une émotivité mièvre et dégoulinante de sentimentalisme. Puis vinrent les années 1970 au cours desquelles le rite liturgique fut ruiné par le rationalisme : surinterprétant l’esprit de la réforme voulue par Vatican II, de nombreux clercs se permirent de supprimer arbitrairement certains rites (comme celui de l’encensement par exemple, ou celui du lavabo et celui du “confiteor”) considérés comme inutiles. Et, souvenons-nous, dans la majorité des paroisses, les célébrants invitaient les fidèles à chanter le “par lui, avec lui et en lui...” alors que Rome avait expressément interdit cette pratique.

Seulement voilà, un rite appauvri, déstructuré car passé au crible du rationalisme se révèle vite “glacial” et incapable d’exprimer la soif de religiosité et de sacré qu’il y a dans tout homme. Par conséquent, par réaction, clercs et fidèles se précipitent dans l’excès inverse : l’excès d’émotivité, qui transforme la foi en un sentimentalisme mièvre et puéril (exemple extrême : les messes “Glorious” du P. Gréa ou encore le rite de la paix réduit à : “Dans la paix du Christ, donnez-vous la paix - bisous, bisous, bisous... - Agnôôôô dedieueueueu...”), détaché de toute base rationnelle et d’enracinement dans la Tradition. Cette dérive se retrouve aujourd’hui dans toutes les sphères du Catholicisme, y compris dans les milieux dits “conservateurs”.

Certes, les cantiques en vernaculaire ne sont pas en eux-mêmes condamnables. Mais ils ont leur place en périphérie du rite : une place secondaire. Le problème actuel réside dans le fait que ces cantiques semblent avoir presque partout remplacé et supplanté le chant liturgique par excellence qui exprime authentiquement la foi de l'Église, qui est le chant grégorien. La disparition du grégorien et l’invasion des célébrations par des cantiques bien souvent mièvres et en tout cas de de faible valeur spirituelle et théologique est le signe le plus révélateur de cette invasion du sentimentalisme post-moderne dans la spiritualité Catholique occidentale. Un sentimentalisme qui conduit à négliger tout ce qui est constitutif de la liturgie : la propreté des sanctuaire, la signifiance des autels, le respect de toutes les composantes des rites sacrés...

Ceux qui connaissent bien les liturgies et la spiritualité des chrétiens orientaux savent que ce type de dérives (systématisation du “face au peuple”, disparition du chant liturgique traditionnel au profit de cantiques doucereux, panneaux et collages d’enfants encombrant les sanctuaires, insistance sur la participation activiste des fidèles...) seraient tout simplement impensables. Ces dérivent n’existent pas là où règne un esprit et une spiritualité authentiquement traditionnels au sens chrétien du terme. »

* * * * Dimanche, 7 janvier 2018. Il semblerait qu’à travers le pontificat actuel, Dieu veuille nous faire payer le fait que, pendant des années, nous avons accepté béatement toutes les incohérences liturgiques, catéchétiques, pastorales du clergé post-conciliaire. De ce clergé qui n’avait et n’a toujours que le mot “Vatican II” à la bouche alors même qu’il a toujours obstinément refusé d'appliquer les enseignements du Concile.

Nous avons accepté un catéchisme vide dont “Pierres vivantes” (la belle affaire de l’épiscopat français) fut l’emblème ? Eh bien aujourd’hui nous devons accepter du magistère les enseignements plus que flous.

Nous avons accepté des liturgies “évolutives” ? Eh bien aujourd’hui nous devons accepter un pontificat champion du principe de la doctrine adaptable (cf. Amoris laetitia).

Nous avons accepté les beaux discours de nos Évêques qui nous promettaient un laïcat engagé au service d'une Église plus dynamique ? Eh bien aujourd’hui, nous devons accepter un Pape qui fait l’éloge de Martin Luther lequel fut, en son temps, le promoteur d’un christianisme totalement laïcisées. Et ainsi de suite...

A travers le pontificat actuel, Dieu veut nous faire payer... Non ! Nous ne croyons pas en un Dieu vengeur. Il serait plus juste de dire qu’à l’aide du déroutant pontificat de Jorge Bergoglio, Dieu veut nous réveiller, nous sortir de notre torpeur. Rendons-lui grâce.