samedi 18 juillet 2015

Russie : l'État et l’Église signent un accord

pour prévenir l'avortement



Le ministère de la Santé en Russie a signé un accord avec l'Église orthodoxe russe qui inclut la prévention de l'avortement et la fourniture de soins palliatifs. L'accord étant signé par le ministre de la Santé Veronika Skvortsova et le patriarche Kirill, le Patriarche de l’Église orthodoxe de Russie l’a publié sur le site du Département synodal de l’EOR [Église Orthodoxe Russe] — sous Charité et Service Social de l’Église.

L’article 9 des 21 articles de l'accord établit une coopération « sur la protection de la santé maternelle et infantile incluant la santé sur la reproduction et qui comprend aussi la promotion des valeurs familiales et la prévention de l'avortement ».

L'accord comprend des actions conjointes avec les institutions médicales pour la :

« Création de centres de crise sur les grossesses dans les hôpitaux avec la participation de psychologues et la participation de représentants des organisations religieuses de l'Église orthodoxe russe afin de conseiller les femmes qui ont l'intention d'interrompre leur grossesse dans les établissements médicaux. »

et pour la fourniture d'espace pour la :

« Publication d'informations des organisations religieuses de l'Église orthodoxe russe dans les stands des établissements médicaux ».

En outre, les deux parties s’engagent également :

« À joindre leurs efforts pour fournir une assistance et un soutien aux femmes enceintes dont le diagnostic prénatal indique une malformation du fœtus ainsi qu’aux mères qui donnent naissance à un enfant ayant une déficience intellectuelle. »

Selon l'article 5, l'Église orthodoxe coopérera avec le ministère de la Santé dans la préparation des professionnels de la santé en fournissant des formations sur les fondements spirituels des activités médicales et en facilitant l'interaction des organisations médicales avec les organisations de l'Église orthodoxe russe.

La loi vise à restreindre l'accès à l'avortement

La Douma (parlement) de l’État russe envisage une législation sur l'avortement qui inclut la limitation du financement de l'avortement seulement à ceux qui sont considérés comme médicalement nécessaires. Le projet de loi est conçu pour aider à réduire le nombre d'enfants russes décimés par la violence de l'avortement.

Selon le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, pour chaque tranche de 1 000 naissances, il y a 34 avortements en Russie d’où un taux de fécondité en dessous du seuil de remplacement de 1,53.

Le projet de loi interdirait les cliniques d'avortement privées et les médicaments en vente libre qui provoquent l'avortement afin qu’ils ne soient disponibles uniquement que sur ordonnance d'un médecin. On donnerait une session d’ultrasons à toute femme qui envisage d’avorter. L'une des auteurs de la loi, Yelina Mizulina, stipule que « jusqu'à 80 % des femmes envisageant l’avortement refusent l'avortement quand elles ont vu leur enfant sur l'écran ».

Le Patriarche Kirill, le chef de l'Église orthodoxe russe, recherche davantage une interdiction totale de l'avortement. Dans un discours à la Douma plus tôt cette année, une première jamais réalisée par un chef religieux, il a référé à l'avortement comme étant « le mal » et « un infanticide ». En ce qui concerne le présent projet de loi, il pense que « les contribuables ne doivent pas payer pour cela ».

En réponse à la législation proposée, l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe a introduit la Déclaration écrite #594 intitulée « Le droit des femmes à accéder aux services appropriés en matière de santé reproductive dans la Fédération de Russie » qui stipule :

Nous, soussignés, membres du Conseil de l’Assemblée Parlementaire de l'Europe sommes vivement préoccupés par les trois projets de loi soumis à la Douma de l’État de la Fédération de la Russie visant à limiter fortement l'accès des femmes à l'avortement. Ils visent :

  1. À exiger que les femmes visualisent et écoutent les battements de cœur du fœtus avant de leur donner la permission d’accéder à un avortement légal ;

  2. À exclure la couverture de l'avortement de l’assurance médicale obligatoire ;

  3. À interdire la vente de médicaments sécuritaires qui terminent les grossesses.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a clairement indiqué que « l’échographie n’est pas nécessaire pour l'avortement. » Ça ne sert qu'à manipuler émotionnellement les femmes. Selon l’OMS, l’exclusion de la couverture d'assurance pour un service que seules les femmes ont besoin est discriminatoire et aura une incidence sur les femmes en régions rurales pauvres aux prises avec des situations vulnérables. Le système médical de l’État doit en outre assurer la disponibilité de diverses méthodes appropriées de l'avortement à différents stades de la grossesse. Ces mesures proposées conduiront à des avortements clandestins et elles augmenteront la mortalité maternelle et les taux de morbidité ; c’est un affront aux droits des femmes.

Tous les individus ont droit de jouir du meilleur état de santé que l'État doit assurer. Nous en appelons aux parlementaires de Russie de refuser les projets de loi ci-dessus.

PNCI ( ?) note que les membres de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe, dans leur précipitation à s’objecter aux dispositions pro-vie avec des arguments pro-avortement vétustes, oublient que le Programme d'action de la Conférence Internationale sur la Population et sur le Développement énonce à la section 8.2 que « Toute mesure ou changements liés à l'avortement à l'intérieur du système de santé ne peuvent être déterminés qu’à l'échelle nationale ou locale en conformité avec le processus législatif national. »

La Douma de l’État de Russie agit en sa qualité souveraine pour sauver la vie des enfants russes et offre à leurs mères une aide et un soutien réels. Une telle action devrait être applaudie, et sinon, on ne devrait pas s’y opposer car cette action est entièrement conforme aux normes internationales.



SOURCE : ORTHODOX CHRISTIANITY

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