jeudi 6 juillet 2017

Un péché contre le Saint-Esprit ?



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 4 juillet 2017

Aujourd'hui, je participais à une conférence donnée par l'un des orateurs les plus extraordinaires dans le monde Anglophone. Il doit garder l'anonymat, étant donné le climat actuel de la république bananière d'Amérique Latine que l'élément humain de l'Église est devenu au cours de pontificat.

Le thème de cette fascinante conférence était un examen amusant de l’affirmation promue sans cesse par les hommes de main du Pape Bergoglio — à ce stade de la débâcle Bergoglienne, il n'y a pas d'autre mot pour eux — à savoir que le Pape est choisi directement par le Saint-Esprit et que le Saint-Esprit parle à travers le Pape par un certain mode d’oracles de sorte que toute parole émanant de lui commande une obéissance absolue en tant que « la voix du Saint-Esprit ».

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Ceci est un non-sens, comme le conférencier nous l’a rappelé, démenti par un examen même rapide de l'histoire de la papauté (avec de malins intrigues et des comportements scandaleusement immoraux par un certain nombre de pontifes) et par la portée très limitée de l'infaillibilité papale tel que définie — infailliblement — par le Premier Concile du Vatican. Notre orateur a noté ce que le Cardinal Ratzinger a expliqué une fois en réponse à la question de savoir si le Saint-Esprit choisit personnellement chaque Pape : « Il y a trop d'exemples contraires de Papes que le Saint-Esprit n’aurait évidemment pas choisis ! … Le rôle de l’Esprit devrait être entendu dans un sens beaucoup plus élastique et non pas qu’il dicte le candidat pour lequel il faut voter. Probablement la seule assurance qu’il offre est que la situation ne soit totalement ruinée ».

Autrement dit, le Saint-Esprit agit pour empêcher le pire d’arriver, qui est la destruction complète de l'Église, tout en permettant le fonctionnement du libre arbitre au point même de permettre des actes et des omissions qui puissent apporter une crise ecclésiale, y compris l'élection un mauvais Pape.

Ainsi, notre garantie de l'intégrité de la Doctrine Catholique n'est pas qu’un Pape particulier ait dit X ou non-X pour la première fois dans l'histoire de l'Église, mais plutôt qu’il dit X ou non-X en ligne avec l'enseignement constant de l'Église par les Papes, les Conciles et les Évêques à travers les siècles. Car, comme le Premier Concile du Vatican l’a déclaré : « Le Saint-Esprit a été promis aux successeurs de Pierre non pas pour qu'ils puissent, par sa révélation, faire connaître une nouvelle doctrine, mais que, par son aide, ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation ou le Dépôt de la Foi transmis par les Apôtres ».

Pourtant, les hommes de main du Pape déclare que le Pape Bergoglio constitue l'oracle trié sur le volet par le Saint-Esprit. Mais seulement lui. Or, aucune telle prétention saugrenue a été faite par les mêmes caractères (par exemple, le Cardinal Schönborn, le Cardinal Maradiaga, le Cardinal Kasper et Mgr. Pio Vito Pinto) en ce qui concerne l'enseignement de Paul VI, de Jean-Paul II ou de Benoît XVI sur le mariage et la procréation (que le Pape Bergoglio — qui est le seul parmi tous les Pontifes Romains dans l'histoire de l'Église — à tenter activement de saper, comme nous le voyons avec le chaos engendré à dessein par Amoris Laetitia et son écart évident de l'enseignement constant de l'Église sur l'immoralité intrinsèque et la permissivité absolue de la contraception).

Jusqu'où les hommes de main du Pape sont prêts à aller avec ce non-sens pour justifier les paroles et les actes du Pape actuel, en passant par-dessus et contre tous les autres, on le voit dans l'anecdote risible du Cardinal Schönborn à propos d'une rencontre qu’il a eue avec une personne d'Amérique Latine quelques heures avant le Conclave de 2013 :

« Le Cardinal a dit que juste après une messe spéciale avant le Conclave n’ait commencé, je suis tombé sur un couple d'Amérique Latine qui sont ses amis ».

Il a dit : « Je les ai rencontrés en dehors de la Basilique et je leur ai demandé : « Vous êtes habités du Saint-Esprit, pouvez-vous me donner des conseils pour le Conclave qui va commencer dans quelques heures ? »

« Et la femme murmura à l'oreille « Bergoglio » et ça m'a vraiment frappé : si ces gens disent Bergoglio, c'est une indication de l'Esprit-Saint ».

Oh, allez ! Comme si le tracé et les intrigues de la « Mafia de Saint Gall « n'avaient rien à voir avec l'élection de Bergoglio. Comme si l'histoire de la papauté n'était pas jonchée d’intrigues en ce qui concerne l'élection des Papes.

Peut-on pas penser que l’amoindrissement du Saint-Esprit en un Deus ex Machina de mauvais goût dans un récit humainement imaginé — Bergoglio l'Élu — est, au moins objectivement, un péché contre le Saint-Esprit? Et ne peut-on pas penser aussi que l'Église souffre des conséquences de cet abus honteux du nom de « l'Esprit de vérité, qui procède du Père » et qui, comme Notre Seigneur Lui-Même a promis : « Il Me rendra témoignage » (Jean 15 :26) ?