samedi 1 juillet 2017

Le calendrier de la retraite suggère des raisons au Pape pour le renvoi du conservateur au poste le plus élevé de la Doctrine du Vatican





Par John-Henry Westen

SOURCE : Life Site News
Samedi, 1 juillet 2017 - 8:18 am EST


UNE ANALYSE

1er juillet 2017 (LifeSiteNews) — Depuis sa nomination par le Pape Benoît XVI en tant que Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 2012, le Cardinal Gerhard Ludwig Müller s'est prononcé pour l'orthodoxie au milieu d'un chœur de voix opposées au Vatican. Ce rôle est devenu visible au cours des deux Synodes de la Famille en 2014 et 2015 alors qu'il s'opposait publiquement à de puissants clercs de son Allemagne natale comme les Cardinaux Walter Kasper et Reinhard Marx.

Au fur et à mesure que le débat menant aux Synodes se déroulait à la fin de 2013, le Cardinal Müller a donné un coup préventif en déclarant sans relâche que la Communion pour les Catholiques divorcés et remariés n'est pas possible. « Si le mariage antérieur des deux membres de fidèles divorcés et remariés était valide, en aucun cas leur nouvelle union ne peut être considérée comme légale, et donc la réception des Sacrements est intrinsèquement impossible » a-t-il écrit en citant le Cardinal Josef Ratzinger.

Peu de temps après, le Cardinal Oscar Andres Rodriguez Maradiaga, Président du Conseil privé du Pape composé de huit Cardinaux, a châtié publiquement Müller pour être trop strict sur la vérité. « Le monde, mon frère, le monde n'est pas comme ça. Vous devriez être un peu flexible lorsque vous entendez d'autres voix afin que vous puissiez ne pas écouter et dire : « Non, voici le mur ».

Dans ce qui peut paraître incroyable maintenant, au milieu des deux Synodes, le Cardinal Müller a déclaré ouvertement que la tentative de séparer l'enseignement de l'Église Catholique de sa pratique est une « hérésie ». Dans ses remarques à la Commission Théologique Internationale, réimprimées dans le journal du Vatican au début de décembre 2014, Müller a déclaré : « Chaque division entre la « théorie » et la « pratique » de la Foi serait le reflet d'une hérésie Christologique subtile ».

Lorsque le Cardinal Marx, un autre membre du Conseil privé du Pape des huit Cardinaux conseillers et chef de la Conférence des Évêques Allemands, a déclaré que les Évêques Allemands dresseraient leur propre parcours sur la question de permettre la Communion pour ceux qui sont « irréguliers » dans des unions sexuelles, le Cardinal Müller a condamné la proposition en termes clairs : « C'est une idée absolument anti-Catholique qui ne respecte pas la Catholicité de l'Église » a-t-il déclaré.

Il a ajouté que pas même le Magistère papal est libre de changer la Doctrine. « Toute Parole de Dieu est confiée à l'Église, mais elle n'est pas supérieure à la Parole » a-t-il déclaré. « Le Magistère n'est pas supérieur à la Parole de Dieu. L'inverse est vrai ».

Au cours de la période entre les deux Synodes alors que l'Église semblait dans la confusion avec tout ce qui concernait la Doctrine, le chef de la Doctrine au Vatican se chargea de rectifier le discours. Il a donné de multiples entretiens et d’échanges qui défendaient la position traditionnelle de l'Église sur l'indissolubilité du Mariage et la Catholicité de l'Église. Il a mis en garde contre un schisme dans l'Église et a souvent eu à interpréter de manière créative les déclarations du Pape qui semblaient contrer la Doctrine de l'Église.

C'est à ce moment-là que le Cardinal Müller a semblé tomber sous le feu des sources liées au Pape. En plus de la guerre des paroles avec le Cardinal Marx, le biographe papal et le journaliste spécialiste du Vatican, Andrea Tornielli, s’en est pris au Cardinal Müller, l'interrogeant sur ses corrections faites au Pape.

Muller a admis qu'il avait dû corriger le Pape théologiquement. « Le Pape François n'est pas un « théologien professionnel », mais a été largement formé par ses expériences dans le domaine de la pastorale, qui est très différente ici avec nous [en Occident] » a-t-il déclaré. Il a qualifié la réaction de François envers ses corrections de cette manière : « C'est ce qu'il a dit à trois ou quatre reprises lui-même publiquement (rires) ; et puis il m'a donné un câlin pour que — comme il l'a dit — les commérages cessent en ce qui concerne cette affaire ».

Même après la publication d'Amoris Laetitia, le Cardinal Müller a soutenu que l'Exhortation du Pape ne permettait pas la Communion pour les divorcés/remariés Catholiques. Il l'a même fait face à la signature du Pape sur des documents en soutenant l'interprétation inverse.

C'est alors, à la fin de 2016, que la pression sur le Cardinal Muller de la part du Pape François est devenue plus palpable. Le Pape François a ordonné sans équivoque au Cardinal Muller de renvoyer trois prêtres de leurs postes à l'intérieur de la CDF. Selon un des journalistes du Vatican les plus remarqués, lorsque Muller a interrogé le Pape sur ces licenciements, le Pape a répondu : « Je suis le Pape, je n'ai pas besoin de motiver mes décisions. J'ai décidé qu'ils doivent partir et ils doivent partir ».

Dans les cercles du Vatican, des spéculations ont débuté autour du Cardinal de Vienne, Christoph Schonborn pour remplacer Muller en tant que responsable de la CDF. Des sources proches du Cardinal Muller suggèrent que celui-ci a pris de telles spéculations au sérieux et a cherché à mettre un visage plus amical sur sa relation avec le Pape François. Pendant ce temps, il a écrit un livre sur le Pape Benoît et le Pape François dans lequel il a suggéré qu'il n'y avait qu'une différence de caractère entre les deux plutôt qu'une différence de Doctrine.

Le livre a peu fait peu pour régler le problème.

Plutôt que de conseiller aux journalistes qui cherchent une interprétation d'Amoris Laetitia de consulter le Préfet de la Doctrine de la Foi du Vatican, le Pape les a renvoyés au Cardinal Christoph Schonborn, qu'il appelle un « grand théologien qui connaît la Doctrine de l'Église ».

L'interprétation de Schonborn contredisait celle de Muller, permettant, dans certains cas, la Communion pour les Catholiques divorcés et remariés.

Le Cardinal Muller a intensifié sa démonstration de fidélité au Pape avec un défi manifeste aux Quatre Cardinaux des dubia — Raymond Burke, Joachim Meisner, Carlo Caffarra et Walter Brandmuller. Malgré le fait que les Cardinaux des dubia se battaient exactement pour la même interprétation d'Amoris laetitia que le Cardinal Muller favorisait, il les a critiqués publiquement.

Le Cardinal Müller a déclaré à une chaîne de télévision Italienne en janvier 2017 qu'il n'y avait pas besoin d'une « correction fraternelle » du Pape car le Pape n'a pas mis en danger la Foi et l'enseignement Catholique. « Comme le Pape est fondamentalement obligé de répondre avec un « oui ou un non », je n'aime pas ça » a-t-il dit.

En mai de cette année, Müller avait adouci sa position contre les Cardinaux des dubia, disant qu'ils avaient demandé des « questions légitimes au Pape », mais regrettaient qu'ils fussent rendus publics.

Et même si le Pape a rendu tellement plusieurs fois clair que son interprétation d'Amoris Laetitia était opposée à celle du Cardinal Muller, le chef de la Doctrine du Vatican continue à dire autrement.

En fait, dans un autre livre publié en février de cette année, le Cardinal Muller suggère que non seulement Amoris Laetitia soit interprété à la lumière de l'enseignement et de la discipline traditionnels de l'Église, il ajoute que le Pape n'a pas le pouvoir de les modifier.

Alors que le Cardinal Muller peut maintenant perdre son poste illustre en tant que gardien de la Doctrine de la Foi dans l'Église Catholique, il a tenté de faire de son mieux pour maintenir la Foi malgré des attaques personnelles. Ses gestes calculés pour conserver son poste étaient, nous l’apprenons de ceux qui sont près de lui, non formés d'un désir de pouvoir, mais seulement par crainte que le successeur dans son poste soit moins porté à maintenir l'orthodoxie et puisse conséquemment nuire à l'Église.